samedi , 17 avril 2021

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«Laissez-nous vivre notre vie de nation»

Le monde occidental est toujours géré par sa sacro-sainte théorie du « droit d’ingérence ». Un concept français qui a pris toute son étendue avec l’éclatement des événements du Balkan et le démantèlement de l’ex Yougoslavie. Mais qui a surtout légitimé par la suite, le droit des Occidentaux à se mêler des affaires internes des autres pays et notamment des pays arabes.
Sous le couvert de cette doctrine vicieuse, on a fomenté le fameux « printemps arabe ». Plus encore, on s’est arrogé le droit d’intervenir, y compris, militairement dans certains pays comme la Syrie et la libye.
En Libye, d’ailleurs, Sarkozy s’est permis tous les dépassements jusqu’à avoir une responsabilité directe dans la mort du colonel Kadhafi. Le pays a été livré au chaos total sans que personne n’ose rien trouver à redire. Les droits que se sont arrogés ces pays nantis, la France en premier, sont devenus sans limite aucune. On fracassait les portes des pays arabes sans demander d’autorisation.
En Syrie tout a été fait pour assassiner le président Bachar el Assad, qu’on aimait à appeler « le boucher de Damas », y compris en armant les groupes terroristes. Un pays qu’on a fait entrer, depuis 7 ans, dans une guerre civile sanglante où des milliers de personnes, notamment des civils, ont été tuées, alors que des millions d’autres ont pris le chemin de l’exil, bravant tous les dangers pour fuir l’horreur quotidienne dans les villes et villages. Et pour faire passer la pilule de ce droit d’ingérence, on nous mettait en avant, le droit de nos peules de vivre en démocratie et d’élire librement leurs chefs.
Beaux slogans qui ont trouvé sur nos terres des intellectuels et autres asservis de l’occident qui se sont chargés du « service après vente » de cette théorie mortifère, qui a mis nos sociétés sous entonnoir et fragilisé notre situation.
Mais voila que cette théorie du droit d’ingérence si chère à nos amis français est balayée d’un revers de main quand il s’agit des difficultés internes de leur société. Avec le mouvement des gilets jaunes, la France s’est retrouvée brusquement éjectée au devant de la scène internationale, et comme à la Maison Blanche, il y a un locataire fou du clavier, il a twitté « un jour et une nuit très triste à Paris. Peut-être qu’il est temps de mettre fin à l’accord de Paris, ridicule et extrêmement cher, et rendre l’argent aux gens en réduisant les impôts. »
Une sortie qui n’a pas été du goût du gouvernement français qui a vite répliqué par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères, Jean Yves le Drian qui a répondu « Je dis à Donald Trump et le président de la République (Emmanuel Macron) lui a dit aussi : nous ne prenons pas partie dans les débats américains, laissez-nous vivre notre vie de nation ».
Et ainsi comme par magie, la fameuse théorie du droit d’ingérence n’a plus droit de cité quand il s’agit des débordements au pays de ses géniteurs. Alors à notre tour, nous disons à Le Drian et leurs satellites sur nos terres « Laissez-nous vivre, nous aussi, notre vie de nation ».

Par Abdelmadjid Blidi