mardi , 2 mars 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Sa gestion de la crise est jugée exemplaire</span>:<br><span style='color:red;'>L’Algérie félicitée par le FMI</span>

Sa gestion de la crise est jugée exemplaire:
L’Algérie félicitée par le FMI

La démarche de l’Algérie est donc non seulement possible, mais également rentable, en ce sens que sans s’endetter, l’économie nationale continue à croître, malgré la crise.

A force de constater que le gouvernement algérien n’applique pas avec rigueur ses conseils, sans que cela ne provoque une quelconque catastrophe sur l’économie, le FMI a fini par se rendre à l’évidence et admettre que l’approche algérienne de la crise n’est pas dénuée de logique. Ainsi, lors de son dernier rapport sur la conjoncture économique et financière du pays, rendu public à Washington, le FMI affiche un satisfecit de la gestion de la crise par le gouvernement. Une appréciation qui vient donner du sens à l’approbation par le Conseil d’administration du Fonds du rapport d’évaluation de l’économie algérienne. Dans son rapport, l’institution s’est félicitée de «la volonté du gouvernement de faire avancer les réformes pour favoriser le développement du secteur privé en améliorant l’environnement des affaires, l’accès au financement et en renforçant la gouvernance, la transparence et la compétitivité».
Le Conseil d’administration a aussi valorisé «les efforts visant à augmenter les recettes hors hydrocarbures, à améliorer l’efficience et la gestion des dépenses publiques et à élargir la réforme des subventions», tout en protégeant les plus démunis. Une reconnaissance implicite du bien fondé de la politique sociale de l’Algérie, précédemment critiquée par les deux institutions de Breton Wood, le FMI et la Banque mondiale. Au delà de cet aspect qui constitue un point central de la politique gouvernementale, «le FMI n’a pas manqué de souligner les efforts consentis par les pouvoirs publics dans le cadre de la gestion du processus d’ajustement». Le gendarme financier de la planète a néanmoins considéré que «face à la chute des cours de brut, il était utile de mener des réformes structurelles pour impulser un modèle de croissance plus diversifié, soutenir le développement du secteur privé, améliorer le fonctionnement du marché du travail et ouvrir davantage l’économie au commerce et à l’investissement direct étranger». Ce que l’Algérie ne fait pas avec assez de rigueur, selon le FMI qui nuance tout de même son propos en notant que le secteur bancaire continue d’afficher des résultats «relativement satisfaisants». Tous ces bons points concédés par le FMI, l’amène à tabler sur une croissance de 3% en 2018, alors que précédemment il avait évalué cette croissance à 0,8% seulement. Tout autan optimiste pour 2019, le FMI maintient ses prévisions avec une légère baisse à 2,7%, selon les mêmes projections.
Les administrateurs du Fonds monétaire international prennent «bonne note du dosage de mesures prévues par les autorités, à savoir une augmentation des dépenses budgétaires en 2018 suivie de la reprise de l’assainissement des finances publiques à moyen terme, le financement monétaire des déficits budgétaires, les restrictions temporaires aux importations, ainsi que les réformes structurelles visant à diversifier l’économie». Un témoignage de la bonne gouvernance de l’exécutif, adossé d’ailleurs à un « mea-culpa » en rapport avec l’attitude du Fonds par rapport au financement non conventionnel adopté par l’Algérie. Ainsi, après avoir crié à l’hyper inflation à trois chiffres, le FMI admet son erreur, puisque rien de catastrophique ne s’est produit au plan macroéconomique. Ses administrateurs ont été jusqu’à saluer «l’engagement de la Banque centrale à stériliser, le cas échéant, les liquidités apportées par le financement monétaire». La démarche de l’Algérie est donc non seulement possible, mais également rentable, en ce sens que sans s’endetter, l’économie nationale continue à croître, malgré la crise.
Alger: Smaïl Daoudi