mercredi , 22 septembre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Espionnage marocain via Pegasus</span>:<br><span style='color:red;'>L’Algérie réagit officiellement et met en œuvre sa stratégie de riposte</span>

Espionnage marocain via Pegasus:
L’Algérie réagit officiellement et met en œuvre sa stratégie de riposte

L’Algérie a réagi officiellement à l’affaire de l’espionnage par le logiciel espion Pegasus, annonçant l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger a dénoncé dans un communiqué l’«inadmissible atteinte systématique aux droits de l’homme et libertés fondamentales ». « L’Algérie exprime sa profonde préoccupation suite aux révélations émanant d’un consortium de nombreux organes de presse de grande renommée professionnelle et faisant état de l’utilisation à large échelle par les autorités de certains pays, et tout particulièrement par le Royaume du Maroc, d’un logiciel d’espionnage dénommé +Pegasus+ contre des responsables et citoyens algériens, ainsi que des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme à travers le monde», a indiqué la même source.
Le communiqué du MAE a affirmé que l’Algérie dénonce «la violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales». «L’Algérie condamne vigoureusement cette inadmissible atteinte systématique aux droits de l’homme et libertés fondamentales qui constitue également une violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales», ajoute le communiqué.
La même source a affirmé que que «cette pratique illégale, malvenue et dangereuse, met en péril le climat de confiance qui doit présider aux échanges et interactions entre les responsables et représentants des Etats».
Le MAE a indiqué que l’Algérie se réserve le droit de mettre en œuvre sa stratégie de riposte.» Etant directement concernée par ces attaques, l’Algérie se réserve le droit de mettre en œuvre sa stratégie de riposte et se tient prête à participer à tout effort international destiné à établir collectivement les faits et à faire la lumière sur la matérialité et l’ampleur de ces crimes qui menacent la paix et la sécurité internationales, ainsi que la sécurité humaine», précise la même source. Et d’ajouter : «L’impunité constituerait un précédent extrêmement dommageable à la conduite de relations amicales et de coopération entre les Etats conformément au droit international».

Ouverture d’une enquête préliminaire
Outre la dénonciation de cet acte d’espionnage, le Parquet général près la Cour d’Alger a annoncé jeudi dernier l’ouverture d’une enquête préliminaire.
Le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur l’existence d’un système d’intelligence informatique d’écoute et d’espionnage ayant visé les intérêts de l’Algérie, mais aussi des citoyens et des personnalités algériennes.
«Suite aux informations divulguées à travers des organes de presse nationaux et internationaux, ainsi que des rapports émanant de certaines chancelleries, faisant état de l’existence d’un système d’intelligence informatique d’écoute et d’espionnage ayant visé les intérêts de l’Algérie, mais aussi des citoyens et des personnalités algériennes, et en application des dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d’Alger informe l’opinion publique que le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les faits en question, diligentée par les services de police judiciaire spécialisée en matière de répression d’infractions liées à la cybercriminalité et aux technologies de l’information», précise la même source.
«Si les faits, objet de cette enquête, sont avérés, ils constitueraient des infractions réprimées par la législation algérienne sous sa forme criminelle pour avoir rassemblé des renseignements, objets et documents au profit d’une puissance étrangère aux fins de nuire à la défense nationale et constitueraient également des infractions d’accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et d’atteintes aux secrets des communications», conclut la même source.
Samir Hamiche