mardi , 25 janvier 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Le baril de Brent progresse à 85,58 dollars</span>:<br><span style='color:red;'>L’Algérie relance ses investissements publics</span>

Le baril de Brent progresse à 85,58 dollars:
L’Algérie relance ses investissements publics

Cette embellie, même temporaire, constitue une excellente nouvelle pour les finances d’un pays comme l’Algérie. Grâce à cette remontée du pétrole qui s’étale déjà sur plus d’un mois, beaucoup de projets relevant de l’investissement public ont été dégelés.

Le pétrole a repris des couleurs, ce week-end, à la faveur d’une conjonction de facteurs, dont les stocks américains qui ont sensiblement baissé. Les «bonnes nouvelles» sur le front de la pandémie mondiale de la Covid-19 ont joué aussi en faveur d’une hausse des cours du brent qui gagnait, hier, à la bourse de Londres 1,11% à 85,58 dollars. Un niveau comparable à celui de fin octobre 2021. A New York, le baril de West Texas Intermediate prenait de son côté 1,21% à 83,11 dollars. Ces niveaux de prix sont la conséquence d’une quatrième semaine consécutive de hausse. La courbe favorable vient corroborer la solidité de la reprise. Il faut savoir qu’il y a encore un mois, les investisseurs hésitaient face au variant Omicron, dont la contagiosité phénoménale faisait craindre de nouveaux confinements à travers le monde. Pareil scénario aurait impacté les déplacements mondiaux et donc la demande de pétrole. Mais le caractère moins dangereux de l’Omicron a fait sauter les craintes sur l’économie mondiale.
Autre facteurs ayant favorisé la hausse sont à chercher dans les données des douanes chinoises sur les importations de brut: si elles ont augmenté en décembre, le volume total pour 2021 s’inscrit en baisse par rapport à l’année précédente, une première depuis 20 ans, selon des analystes.
Cette poussée des cours dans le sens haussier était déjà prévisible dès mercredi soir, après l’annonce des stocks américains de pétrole qui ont baissé de plus de 6 millions de barils. «Le marché américain est en position d’attente, après la chute des réserves de brut à leur plus bas niveau depuis trois ans mais avec la hausse plus forte qu’attendue des stocks d’essence», a commenté un analyste du cabinet Rystad Energy.
Cette prudence est liée, selon les observateurs, à la perspective de la publication, en Chine, des chiffres d’importations chinoises pour le mois de décembre. «Il est difficile de croire que ce chiffre va être bon sachant qu’ils ont confiné le pays et ont freiné sur les importations pour ralentir l’inflation», a prévenu Robert Yawger. Plusieurs villes chinoises, touchées par des foyers de Covid-19, ont fait l’objet de mesures de confinement décrétées, ces derniers jours, par les autorités, notamment Xi’an (13 millions d’habitants), Tianjin (14) ou Zhengzhou (13). «Certains spéculateurs sont sortis du marché avant ce chiffre», a détaillé Robert Yawger. Cependant, «les fondamentaux du marché demeurent haussiers pour le pétrole», souligne-t-on dans les milieux boursiers. Signe que le marché reste très tendu, le contrat à terme américain pour le fioul domestique a atteint jeudi, sur le marché ICE, son plus haut niveau depuis 7 ans et demi, à 2,6203 dollars le gallon (3,78 litres). Un pic attribuable à la vague de froid qui frappe le nord et l’est des Etats-Unis depuis plusieurs jours, après une fin d’automne et un début d’hiver clément. Autre facteur majeur, «le fioul a été l’un des composants du secteur du pétrole les moins bien lotis depuis octobre», relève un autre analyste. «Donc les opérateurs spéculatifs ont vu qu’ils pourraient là, en avoir davantage pour leur argent» et se sont mis à acheter massivement ce produit distillé.
Ce courant «arrive à son terme», estime l’analyste, qui voit certains de ces acteurs se reporter sur l’essence.
Cette embellie, même temporaire, constitue une excellente nouvelle pour les finances d’un pays comme l’Algérie. Grâce à cette remontée du pétrole qui s’étale déjà sur plus d’un mois, beaucoup de projets relevant de l’investissement public ont été dégelés. On annonce même la reprise de tous les chantiers à l’arrêt et le démarrage de ceux qui n’avaient pas encore démarré en 2017. Les perspectives sur la croissance et l’emploi sont très positives.
Nadera Belkacemi