vendredi , 27 mai 2022

L’Algérie vue par un prisme déformant

Il y a apparemment un gros problème de communication entre l’Algérie et les opinions publiques occidentales. Les officiels de ces pays qui tentent de convaincre la planète que la guerre contre la Russie est la seule alternative qui vaille, s’acharnent à faire admettre à tout le monde leur grande connaissance de la planète et de tous ses peuples. Mais les opinions publiques de ces Etats qui ont été instrumentalisés d’une manière ou d’une autre par leurs élites politiques, n’arrivent pas à se détacher de l’image d’un Ali Belhadj en treillis militaire menaçant l’Occident d’une guerre totale à la veille de la première guerre du golfe.
Les Occidentaux dont le dynamisme est mondialement reconnu, ont fait admettre à leurs citoyens que l’Algérie fait du surplace depuis plus d’une trentaine d’années. Ils s’en fichent que nous ayons traversé de terribles épreuves, que nous ayons réussi à vaincre l’hydre intégriste tout seuls, sans l’aide de l’Otan ou de quelque autres armées étrangères. Ils se doutent bien que quelque chose a bougé en Algérie. Mais cela reste le cadet de leurs soucis et le font savoir à leurs opinions publiques. De toute façon, ils estiment le rythme de changement dans des sociétés telles que la nôtre en unité siècle. Donc, tant que nous sommes encore au tout début du troisième millénaire, l’Algérie est classée dans sa catégorie, l’air de dire : « islamiste un jour, islamiste toujours » ou islamiste centenaire dans la meilleure des appréciations.
C’est sans doute pour cela que lorsqu’un occidental a un bobo n’importe où dans la planète, ses médias intègrent automatiquement l’Algérie dans le dispositif préventif. On a vu cela avec la liste noire des nationalités soumises à des fouilles supplémentaires dans les aéroports après une tentative d’attentat ratée au Nigeria. De même, l’assassinat d’un ambassadeur US en Libye a sonné l’alerte à … Alger. Pendant des années, les radicaux islamistes ont manifesté un peu partout dans les capitales des pays musulmans leur haine de l’Occident. A Alger, rien de tout cela. Pourtant, les communiqués à l’adresse des ressortissants occidentaux vivant en Algérie sont rendus publics à chaque incident.
Il faut bien faire comprendre une bonne fois pour toutes aux Occidentaux que l’épisode Belhadj en tenue militaire, c’est du passé. Les Algériens d’aujourd’hui ne tomberont pas dans les pièges grossiers de l’internationale sioniste. Et c’est peut-être cela qui dérange. On voudrait tellement voir les Algériens mêlés aux hordes d’ignares et suivistes que l’on invente des rassemblements fictifs.
En réalité, ce n’est ni un problème de communication ni une erreur d’appréciation de l’évolution de la société algérienne, c’est tout simplement un plan mis en œuvre Dieu sait où et qui coince lorsqu’il s’agit d’Algérie. Alors on rafistole comme on peut un pétard qui a pris l’eau en Algérie.
Par Nabil.G