jeudi , 29 octobre 2020

LUTTE CONTRE LA PANDÉMIE:
Lanceurs d’alerte contre les citoyens inciviques

Nous vivons tous avec un compteur dans la tête. Celui du nombre des nouveaux contaminés par le coronavirus, celui des malades hélas happés par l’insaisissable bactérie et, vecteur d’espoir pour ne pas lâcher du lest, ce nombre rassurant des réanimés rendus à la vie. L’imbroglio sanitaire de ce 21ème siècle joue avec les chiffres, affole les plus grandes puissances de cette ère et se moque des classements hiérarchiques des continents, acculant les riches, les pauvres, les nations surdéveloppées et les pays démunis dans la même loge.

Nonobstant toutes les extraordinaires avancées technologiques des médecines de pointe, le maillage coronarien jailli de Chine perdure et cantonne toutes les omnipotences au même niveau.

L’incroyable poussée de la pandémie en Grande Bretagne, devenue en un laps de temps second foyer de propagation du virus avec 32.313 cas déclarés mardi dernier, après les Etats Unis en morts et en contaminés, diffuse la sensation que toutes les offensives contre le virus peinent à aboutir. Mieux, les prévisions négatives concordent à assombrir les horizons, puisque certaines projections estiment que les USA pourraient atteindre les 100.000 morts, si les manifestations populaires pour le déconfinement persistent dans les Etats démocratiques. Et à ce tableau qui alimente suffisamment les appréhensions, s’ajoutent les déconfinements entamés ou programmés en Italie, Espagne, France, dans les pays de l’Europe scandinave. Des véritables coups de poker !

C’est une vision hallucinée de cette guerre contre un ennemi commun, déroutant. Toute la solidarité du monde désespère à abattre un virus qui circule librement, bravant toutes les frontières. Devant le fait accompli, la planète entière rejoint enfin le Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé, quant à sa priorité de créer expressément un vaccin contre cette dernière génération du coronavirus.

L’Europe prend les rênes et initie un téléthon international version gouvernements pour financer la recherche d’un vaccin sérieux et efficace. Si l’opération a engrangé la bagatelle de 7,5 milliards d’euros, dont 4 pour développer un vaccin et deux dédiés à la fabrication d’un traitement, l’histoire retiendra que deux pays ont refusé de s’associer à ce mouvement : la Chine et les Etats Unis. Entre les deux, le refrain ne s’érode jamais. La terre entière vit ce drame chaque jour plus intense, mais les deux antagonistes qui se détestent amicalement se nourrissent de techniques d’accusations sur la fabrication du tout dernier modèle de virus, jusque là increvable et terriblement mortel.

Quid de l’Algérie ? Comme tous les scénarios d’une épidémie, celui du Covid-19 paraissait apparemment simple dans sa gestion et dans son efficacité. Mais une inconnue dont personne ne se doutait s’est chargée d’aider la progression du virus, au détriment de toute logique, voire de tout esprit de patriotisme. Cette inconnue, tout le pays la connaît désormais, la désapprouve et la réprouve. Il s’agit d’une frange de population dénuée de civisme et de raison face aux dangers que la pandémie draine sur l’Algérie. Des citoyens matures, conscients des risques de contagions et d’hospitalisations à grande échelle qu’encourt la société entière. Généralement, jeunes et moins jeunes, totalement indifférents aux appels des autorités compétentes pour respecter les mesures de sécurité et de comportements sanitaires, ils démontrent ouvertement leur jouissance de braver les règles de bienséance et de santé, ne sachant même pas s’ils sont ou non porteurs des germes du coronavirus.

Par conséquent, de contaminer tout ce qu’ils peuvent frôler, croiser, saluer ou accompagner dans leurs libertinages. Je ne m’inscris pas parmi ceux qui qualifient ces profils typés d’inconscients. A longueur de journées, les médias lourds, les journaux, les services de sécurité font de la sensibilisation une mission d’éducation, de formation, de politique et d’œuvre sanitaire. Chez les récalcitrants, se devine un comportement d’opposition aux règles et aux mesures strictes pourtant dressées dans l’intérêt de la population. Le confinement ne figure pas dans leur langage. Ils sont même facilement reconnaissables dans leur comportement à l’intérieur des commerces, se frayant un chemin en bousculant ceux et celles qui les devançaient. Et c’est pourquoi, les autorisations de réouvrir les activités commerciales ayant un lien avec le mois sacré du Ramadhan ont rapidement viré au « burn-out ».

Sinon, les bilans quotidiens de la pandémie risquaient de flamber. Dimanche 03 mai, les statistiques du jour affichaient 4447 cas au total pour 463 décès depuis l’infiltration du virus dans nos murs.

Le lendemain lundi 05 courant, la courbe s’élève vers le haut, pointant à 4648 patients hospitalisés, avec cependant 2 décès ce jour là. Enfin, ce sont 4838 cas au total touchés par le virus jusqu’au mardi 5 mai, soit 190 nouveaux cas, plus 5 décès durant ces 24 heures, autrement dit 470 morts jusqu’à la limite du mardi 05 courant. C’est par ces données que le monde se parle à lui-même de ses soucis et de ses stratégies à entreprendre pour corriger la courbe sinusoïdale qui est la nôtre. Et pour quelles raisons, ces contaminations arpentent des pentes quotidiennes ? « A cause de l’incivisme de nos concitoyens », expliquent le Dr Djamel Fourar, le porte parole de la Commission Scientifique du suivi de l’Evolution de l’Epidémie de coronavirus. Et ce n’est pas par hasard si le Docteur Mohamed Bekkat Berkani, membre du même Comité Scientifique abonde dans le sens de son collègue Fourar.

Pour l’heure, les autorités compétentes maintiennent la stratégie de faire confiance à la contribution des citoyens attentifs aux restrictions édifiées pour ralentir la propagation du virus, seul moyen de parvenir à la décrue des chiffres. Mais tout en fixant un regard sur les mauvais exemples.

Par Fayçal Haffaf