mardi , 19 octobre 2021

L’APW, façade de la démocratie participative en chantier…

A Oran, comme peut-être ailleurs, une majorité de citoyens ont tendance à oublier ou même à ignorer qu’il existe une institution locale appelée «Assemblée populaire de Wilaya». Une APW composée d’une cinquantaine de membres élus, qui est surtout chargée d’adopter le budget de wilaya, de valider le plan d’action des pouvoirs publics, et de donner son aval pour certaines actions et décisions de gestion proposées par l’exécutif de wilaya. En tant qu’organe consultatif, l’APW ne fonctionne donc vraiment que lors des sessions trimestrielles réunissant la majorité des membres en présence du wali et de tous les responsables locaux. Et en dehors de leur présence obligatoire à ces réunions trimestrielles, le wali et son staff ne sont soumis à aucune forme d’obligation réglementaire leur imposant un quelconque partenariat dans la gestion et le suivi des affaires de la collectivité. Mais le plus souvent, les membres de l’exécutif local se montrent accueillants et disponibles pour fournir aux élus locaux des informations, des données et des réponses aux multiples questions permettant d’élaborer des rapports par les différentes commissions de l’APW. Finalement, l’ambiance générale est entretenue par la seule gestion des relations humaines entre le représentant de l’Etat et les membres de l’assemblée, à leur tête le P/APW. Et depuis toujours, bon nombre d’observateurs n’arrivent pas à expliquer, sereinement et sans tabous, les fondements de ce couple Wali-P/ APW, notamment à Oran où le terrain politico-social est riche en intrigues et en interrogations. Critiquant souvent l’omniprésence des P/APW aux cotés du wali, le suivant dans toutes ses sorties et en toute occasion, les «mauvaises langues» locales estiment que le représentant des élus de la wilaya devrait peut-être afficher un peu plus d’orgueil et de fierté vis à vis de sa fonction et de son statut. Mais comment pouvoir traiter avec un wali «d’égal à égal», quand on sait que la légitimité même des P/APW est très souvent contestée ou remise en cause pour différentes raisons liées à la nature et au fonctionnement même du modèle de sélection des représentants des citoyens dans les assemblées locales. «Au mieux, et dans bon nombre de cas, les P/APW ne représentent même pas les élus de leur propre parti» estiment des commentateurs avisés qui se demandent à quoi peut bien servir une APW. Surtout quand elle est en manque de crédibilité et d’efficacité collégiale pouvant permettre à son président de sortir de «l’ombre du wali» et de ne pas servir de simple décor à la façade de la démocratie participative toujours en chantier…
Par S.Benali