dimanche , 7 mars 2021

L’arbre qui veut cacher la forêt…

Il faudra bien admettre un jour que l’épidémie du coronavirus qui sévit depuis près de six mois a permis de reléguer à l’arrière plan des préoccupations et des priorités du développement, bon nombre de dossiers importants devant être au cœur des mesures de changement prônées par les gouvernants en poste pour assurer le progrès et l’émancipation de la société. L’emploi et l’économie, l’Ecole et l’Université, le Sport, et bien sûr la Santé figurent toujours à l’agenda des réformes, mais demeurent toujours pénalisés par une certaine forme d’opacité forgée par la conjoncture. Les derniers élans de solidarité organisés par les pouvoirs publics en faveur de la communauté médicale, peuvent évidemment être soutenus et applaudis, mais ne doivent surtout pas servir «d’arbre cachant la forêt» comme l’espèrent certains acteurs abusivement installés en gestionnaires des destinées de nos structures hospitalières publiques. On sait, et faut-il le rappeler, que l’Établissement hospitalo-universitaire 1er Novembre (EHU) à l’USTO, et le vieux Centre hospitalo-universitaire (CHUO), réunissent encore à eux seuls tous les exemples de tares et de dysfonctionnements d’un système de santé public en perpétuelle défaillance en termes de capacité, et de qualité, de prise en charge des malades. Depuis des décennies, le secteur médical en général et les hôpitaux d’Oran en particulier, ont connu un nombre impressionnant de responsables successivement installés aux commandes de l’institution. Sans vouloir nier ou remettre en cause la compétence, l’intégrité et l’engagement d’une bonne majorité des personnels médicaux exerçant dans le secteur public, on ne peut malheureusement pas faire l’impasse sur les fléaux et les carences connues qui depuis longtemps, gangrènent le secteur et sont régulièrement dénoncés par l’opinion et la presse locale. Les pénuries de médicaments, de réactifs d’analyses, de consommables chirurgicaux, de pochettes de sang et des produits de traitement des lourdes maladies comme le cancer et la tuberculose, ne sont au final que les «effets» pervers d’une présumée gestion d’un système de santé obsolète devant être entièrement réformé. Un système entretenu et protégé à tous les étages de son fonctionnement par une faune d’acteurs omniprésents, accrochés à la préservation de leurs intérêts personnels; à la course au gain rapide et aux petits trafics à ciel ouvert. Qu’il s’agisse du fil chirurgical souvent absent dans les blocs opératoires, des pannes irréductibles des appareils de radiographie, ou des «incidents» et «accidents» qui chaque fois, immobilisent des appareils coûteux comme des électrocardiogrammes et même un scanner de dernière génération, tout, dans les pratiques de gestion et les comportements, relève d’une étrange volonté d’anéantissement des efforts de progrès et de modernisation du secteur de la santé publique.
Par S.Benali