mercredi , 25 novembre 2020

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L’art, la science et les libertés

L’espoir d’un développement durable de l’Algérie repose sur l’adoption de la nouvelle Constitution, de l’Etat de droit qui en découlera forcément et des libertés qu’arracheront les Algériens à force de pratique sur le terrain. Cela est juste. Mais on ne peut développer un pays par le simple truchement d’une législation moderne ou encore une Loi fondamentale garantissant les droits et les devoirs de chacun. L’émancipation de n’importe quelle société passe inévitablement pas les sciences et les arts. La politique, la démocratie, les libertés, ce sont autant de socles qui ne peuvent véritablement servir qu’à la condition que l’Etat et le peuple y mettent de la science et des arts.
Il y a dans l’actualité récente un événement qui illustre parfaitement l’importance de la science dans le développement d’une nation. Elle nous vient de deux ministères et d’une entreprise américaine. En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et celui de l’Industrie pharmaceutique œuvrent de concert à la concrétisation d’une vision commune visant à créer, en Algérie, un Hub de biotechnologie. Ils se font aider d’un leader mondial dans le domaine. Il s’agit de la compagnie pharmaceutique Pfiezr. Cette initiative est, disons-le franchement, capitale pour le développement de la science en Algérie. Encourager la recherche scientifique dans un domaine aussi pointu que le médicament apporte une plus-value économique et civilisationnelle qu’aucune formation politique ne peut rêver de par son seul discours. C’est exactement à cela que doit servir la nouvelle Constitution et les lois qui en découleront. Il faut absolument que tous nos politiques, quel qu’en soient leurs obédiences idéologiques comprennent, une bonne fois pour toutes, que la liberté d’expression ne doit pas s’arrêter à la lutte pour le pouvoir. Elle n’est d’ailleurs pas destinée qu’au politicien. Elle est au service de toute la société. L’Etat de droit doit protéger tous les citoyens, mais ne parler que des politiques d’entre eux, c’est pervertir ce principe universel. La science et les arts doivent être au cœur du combat libérateur.
Quel Algérien serait contre un hub mondial de biotechnologie dans son pays ? Quel Algérien voudrait qu’on ferme les théâtres et les bibliothèques ? Ce sont ces Algériens là qu’il faut servir. Le rôle et le devoir de l’Etat consiste à faire la promotion des arts de la science. L’on a eu une parfaite illustration à travers la volonté de créer un hub de biotechnologie, la prochaine étape sera, espérons-le, de donner du sens à tous les arts algériens. Et c’est comme ça que la nouvelle Constitution trouvera sa pleine application.

Par Nabil G