mercredi , 2 décembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Gouneiber Djillali</span>:<br><span style='color:red;'>« L’athlétisme est au plus mal au niveau de la wilaya d’Oran »</span>
© Ouest Tribune

Gouneiber Djillali:
« L’athlétisme est au plus mal au niveau de la wilaya d’Oran »

Tout d’abord présentez-vous à nos lecteurs ?
G.D : « J’étais un ancien coureur dans la spécialité 400 m jusqu’à 1990. Par la suite, je suis passé de l’autre côté de la barrière, pour devenir entraineur dans divers clubs, avant d’intégrer le bureau de la ligue d’Oran. Après l’élection de Filali Hadj Brahim à la tête de la LOA, on ma désigné en qualité de DTW auprès de la ligue, jusqu’à ce jour. On fait de notre mieux, pour tenter de remettre sur rails l’athlétisme, mais beaucoup d’entraves se dressent sur notre chemin ».
Quels sont, ces problèmes qui ont causé la dégringolade de la discipline ?
G.D. « Les infrastructures pour la pratique de la discipline font défaut à Oran. Le seul stade avec piste, où les athlètes sont autorisés à s’entrainer, c’est le stade des Castors. Mais cette enceinte sportive est livrée à des particuliers, des jeunes qui viennent se défouler et à de nombreuses autres personnes, ce qui cause des désagréments aux athlètes. Les autres problèmes sont le désintérêt pour cette discipline et le manque de moyens, ce qui cause une véritable perdition des jeunes ».
Le côté féminin enregistre aussi une perdition importante, n’est-ce pas ?
G.D : « Oran qui avait enfanté par le passé de grandes championnes, dans presque toutes les spécialités, est aujourd’hui confrontée à un abandon flagrant. le nombre de filles qui pratiquent aujourd’hui l’athlétisme a énormément diminué. Le problème ne se pose pas au niveau des plus jeunes, mais à partir de la catégorie cadets, où on dénombre des renoncements, à cause des mentalités, du manque de transport en raison des séances d’entrainements tardives, loin des domiciles et à cause du côté sécuritaire ».
Et le stade Zabana doté d’une piste aux normes, pourquoi, n’est-il pas utilisé par les clubs ou par la ligue ?
G.D. « C’est la question qui nous taraude. Cette infrastructure gérée par l’OPOW, a abrité par le passé, de grandes manifestations d’athlétisme nationales et internationales. On nous ouvre les portes de ce stade que rarement. Son utilisation nous épargnera bien des désagréments, surtout pour les féminines, qui auront l’opportunité de s’entrainer à Oran, sans avoir à se déplacer et en toute sécurité ».
On nous apprend, que plusieurs clubs relevant de la ligue, ont mis leurs activités en veilleuse ou sont carrément dissous, un commentaire ?
G.D. « C’est une vérité. Plusieurs clubs n’ont pu faire face aux nombreux problèmes, entre autres, le manque de moyens matériels et surtout financiers. La ligue oranaise d’athlétisme, par le passé enregistrait l’affiliation de pas moins de 30 clubs, alors qu’aujourd’hui, ils ne sont que 12, dont deux ou trois nouveaux.
C’est vraiment triste et en même temps exaspérant. Aujourd’hui, seuls quelques clubs résistent et arrivent à s’en sortir. Je citerai l’IRCW, l’IRBO Sud et le club JJ Oran, un club militaire affilié à la ligue, qui participe aux différentes compétitions ».
Dernièrement, vous avez organisé une compétition de cross country et ce sont les mêmes problèmes qui surgissent, notamment le manque d’un parcours naturel, qu’en dites-vous ?
G.D : « Je tiens à préciser, que notre ligue n’est pas spécialisée en cross country, mais on est là pour organiser des compétitions de wilaya dans cette spécialité, avec tous ses ennuis. Le plus important, c’est que la LOA fait son devoir en matière d’organisation, ainsi que pour honorer les champions. On fait tout pour attirer des athlètes, à la pratique du cross country, surtout pour le développer. Actuellement, on enregistre peu d’adeptes à ce sport ».
Comment espérez-vous développer le cross country, en l’absence d’un parcours naturel au sein de la wilaya ?
G.D : « C’est un problème, vu que nos athlètes, nos compétitions de cross country sont organisées à l’hippodrome ‘’Antar Ibn Cheddad’’, d’Es Senia, qui ne s’y prête guère à la pratique de ce sport. Oran est dépourvu totalement de parcours naturel aux normes. Il en est de même, pour les communes limitrophes de la ville, car le béton a envahit toutes nos campagnes. Aujourd’hui, On espère trouver de bons parcours, pour organiser des compétitions de cross country en sécurité, surtout pour les féminines. Mais pour cela, il faut l’implication des autorités locales dont la DJS ».
Et qu’en est-il aussi du manque de matériel nécessaire à la pratique de l’athlétisme ?
G.D. « C’est aussi un grand problème, car il faut savoir, que l’athlétisme dispose de plusieurs spécialités, qui nécessitent un matériel spécial, comme les haies, les starting-blocks et bien d’autres. Cela sans évoquer des spécialités, qui sont carrément occultées, comme le saut à la perche, le marteau ou le javelot. Pour l’heure, on ne se contente que des courses sur piste. Et pourtant, on dispose de bons athlètes, qui ne demandent que des moyens, pour améliorer leurs performances ».

Sadek Belkheir