mardi , 25 janvier 2022

Laxisme et impunité ambiante

Selon les services de la wilaya d’Oran, cités par un journal local, plus de 1.000 familles ont réoccupé des immeubles menaçant ruine, désaffectés après les opérations de relogement. Ces nouvelles familles squattant les lieux et revendiquant à leur tour un logement neuf entravent ainsi les opérations de démolition de plusieurs immeubles. Des opérations que l’on déclare abusivement programmée par les services concernés, mais qui en réalité souffrent de plusieurs contraintes empêchant leur concrétisation. Selon les services de la wilaya, une bonne centaine d’immeubles auraient été programmés pour une démolition à travers les secteurs urbains, mais «ils ne peuvent pas être rasés avant de prendre en charge les familles qui les occupent» précisent les mêmes sources qui semblent entretenir l’ambiance de banalité et de «normalité» autour de ce phénomène de squat récurrent des bâtisses désaffectées devant être démolies. Il faut rappeler que durant la dernière décennie plus de 20.000 familles résidant dans près de 800 anciennes bâtisses situées sur le territoire de la commune d’Oran ont été relogées. Et sur près d’un millier de bâtisses désaffectées, le nombre d’immeubles démolis ne dépasse pas 150. Ce qui constitue donc toujours un bon créneau pour les familles en quête légitime d’un toit décent, mais aussi, voire surtout, pour une faune d’énergumènes installés dans les pratiques mafieuses d’occupation et de vente des espaces et des biens publics. Surfant sur la misère et le désarroi de familles en quête de logement, ces prédateurs sans vergogne ne se soucient guère des risques d’effondrement souvent mortels qu’ils imposent à des familles venant de tous les coins du pays pour trouver à Oran un nouvel horizon. A ce jour, des habitants du quartier de Sidi El Houari, ne cessent d’interpeller les autorités locales pour intervenir avant qu’une catastrophe liée à un effondrement ne survienne. Dans ce quartier plus d’une dizaine d’immeubles évacués de leurs occupants depuis plus de deux ans n’ont toujours pas été démolis. En attendant une éventuelle, et peu probable démolition, les services municipaux ne peuvent que condamner les issues des bâtisses en ruine avec des murs en parpaing. Ce qui est loin de suffire à dissuader de nouveaux squatteurs de bâtisses délabrées, candidats au relogement. Un fléau social et urbain encouragé par les pratiques mafieuses de bon nombre d’acteurs-prédateurs qui profitent du laxisme et de l’impunité ambiante qui règne encore sous le ciel de la ville d’Oran.
Par S.Benali