mercredi , 25 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Résidents, paramédicaux, étudiants des ENS...</span>:<br><span style='color:red;'>Le blocage persiste</span>

Résidents, paramédicaux, étudiants des ENS...:
Le blocage persiste

Jusqu’à hier donc et malgré la disponibilité des ministères de la Santé, de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, il semble que l’on n’est pas encore dans une phase descendante des conflits. De nouveaux bras de fer sont à craindre dans le futur, avec en toile de fond, des usagers et des malades qui souffrent déjà de cette situation de blocage.

La scène syndicale demeure encore bouillonnante, puisque l’essentiel des mouvements de protestations initiés ces derniers jours, demeurent encore d’actualité. Les pistes de dialogues ouverts entre les pouvoirs publics et les grévistes, ont abouti à un cul de sac. De fait, les médecins résidents ont refait parler d’eux, les étudiants de l’ENS poursuivent leur mouvement et le personnel naviguant commercial (PNC), revient à la charge et promet un nouveau débrayage.
Dans ce tableau syndical assez chargé, faut-il le souligner, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA), a pris la vedette hier, en réussissant une belle démonstration de force dans l’enceinte même de l’hôpital Mustapha Bacha à Alger. La CAMRA a, en effet, montré à l’opinion nationale la détermination dont font montre les médecins résidents. Ces derniers, ont massivement répondu à l’appel pour un rassemblement dans l’enceinte de l’hôpital. Les protestataires ont clairement exprimé leur principale revendication qu’ils ont exposée dans les banderoles. «Un seul service», lit-on dans ces banderoles, allusion au service national et au service civil auxquels les résidents sont actuellement astreints. Le coordinateur et porte-parole de ce corps de médecins, le Dr. Mohamed Taileb qui a déclaré que «les protestataires respectent les lois de la République et la marche de protestation aura lieu dans l’enceinte même de l’hôpital». Une déclaration qui a fait baisser la tension et remis les choses dans leur contexte. Les résidents semblent refuser que l’on récupère leur colère à des fins politiciennes.
Cela, pour les résidents en médecine. Toujours dans le secteur médical, un autre corps a fait parler de lui, à travers des grèves cycliques de trois jours. Il s’agit des paramédicaux dont le syndicat, s’est vu rejeter la grève par le tribunal administratif d’Alger. Celui-ci a, en effet, jugé «illégale» la grève cyclique initiée par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP). C’est ce que rapporte un communiqué du ministère de la Santé, rendu public avant-hier soir. «Statuant en référé, le tribunal administratif d’Alger, a prononcé lundi, l’illégalité de la grève cyclique initiée par le Syndicat algérien des paramédicaux», a précisé la même source. Pour cela, la tutelle s’est vue autorisée par une décision du tribunal à «respecter les dispositions juridiques régissant les relations de travail et celles du statut général de la fonction publique», souligne le communiqué. Cela suppose l’obligation faite aux paramédicaux de se présenter à leur lieu de travail, sous peine d’être considérés en infraction avec le code du Travail. Ce n’est pas à proprement parler une menace, mais le même communiqué retient que «ceux qui se déclarent en grève et ne rejoignent pas leur poste de travail, sont en réalité en situation juridique d’abandon de poste et s’exposent à des mesures administratives diverses à commencer par les retenues sur salaire non plafonnées». Cela n’empêche pas le ministère de la Santé à afficher sa «disponibilité» au dialogue «constructif» et invite la direction du SAP à «se conformer à la loi et à cesser sa grève illégale».
Quant à la grève qui a défrayé la chronique, celle du personnel navigant d’Air Algérie, elle a été déclarée «illégale» par la Justice. Le jugement qui a fait obligation au personnel gréviste de ne pas entraver le fonctionnement des services de la compagnie, a brisé le mouvement de grève, puisque les PNC ont effectivement repris le travail en application de la décision de justice. Mais dès hier, le syndicat à l’origine du premier débrayage, a annoncé son intention de déposer un nouveau préavis de grève, laissant ainsi persister le risque d’une nouvelle paralysie des aéroports du pays.
L’autre mouvement quelque peu inaudible, lancé depuis le mois de novembre dernier par les étudiants des Ecoles normales supérieures, semble s’enliser, sans perspective de sortie de crise dans l’immédiat. Ces étudiants réclament un recrutement après leur formation dans les wilayas d’origine des étudiants. Malgré les assurances du ministère de l’Education nationale, la grève perdure et le risque d’un pourrissement de la situation est assez grand, faut-il le souligner.
Jusqu’à hier donc et malgré la disponibilité des ministères de la Santé, de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, il semble que l’on n’est pas encore dans une phase descendante des conflits. De nouveaux bras de fer sont à craindre dans le futur, avec en toile de fond, des usagers et des malades qui souffrent déjà de cette situation de blocage.

Alger: Smaïl Daoudi