dimanche , 25 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>L’analyste politique Mustapha Haddam</span>:<br><span style='color:red;'>«Le Chef de l’Etat veut aller vers une rupture»</span>

L’analyste politique Mustapha Haddam:
«Le Chef de l’Etat veut aller vers une rupture»

Lors de sa rencontre dimanche avec les représentants des médias nationaux, le président de la République a réitéré ses engagements pris lors de sa campagne électorale pour bâtir une Algérie nouvelle.

Intervenant, hier, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, l’analyste politique, Mustapha Haddam, a avancé une lecture du contenu de cette rencontre, en faisant une analyse des différents points évoqués par le chef de l’État concernant la vie politique, économique et sociale.
M. Haddam a affirmé que cette rencontre a constitué l’occasion pour le premier magistrat du pays de revenir d’une manière très explicite sur les objectifs qu’il veut donner à son mandat où il a réitéré les promesses de sa campagne électorale en plus des orientations qu’il avait données à la commission Laraba, lors de la préparation de l’avant-projet de révision de la Constitution.
Pour l’intervenant, le chef de l’État a parlé «des aspects politiques, économiques et sociaux où il est revenu très longuement sur la moralisation de la vie publique et sur la nécessité d’aller vers les institutions crédibles, fiables et qui sont véritablement représentatives des Algériennes et des Algériens».
L’analyste politique a affirmé que le chef de l’État veut appliquer une rupture qui peut être résumée dans la révision profonde de la Constitution, la véritable séparation et équilibre entre les pouvoirs, en plus du rôle des citoyens de la société civile à travers des associations véritablement représentatives et agissantes.
Il s’agit pour l’intervenant d’une volonté de faire participer les citoyens dans la vie politique et permettre notamment à la jeunesse d’avoir véritablement sa place dans la gouvernance du pays. L’intervenant a affirmé que parmi les instructions données à la commission Laraba, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de mettre à l’abri des jeux politiciens, les constantes nationales que sont l’Amazighité, l’Arabité et l’islamité.
S’agissant de la protection des droits de l’homme, l’intervenant a affirmé que « les droits de l’homme sont des droits absolus et les libertés publiques sont les instruments qu’utilise le législateur pour permettre un véritable vivre ensemble.
Évoquant la création d’une commission chargée de réviser l’actuelle loi électorale, M. Haddam indique que la commission «devrait, en particulier, s’attacher à créer des garde-fous pour, souligne-t-il, éviter que les puissances de l’argent ne viennent interférer dans la chose politique».
Pour lui, «la crédibilité des institutions, autant que celle des hommes politiques, doit s’appuyer sur une «moralité irréprochable», ajoutant que mettre un terme aux interférences de l’argent sale dans la politique, «est un combat de tous les jours».
M. Haddam a affirmé que le chef de l’État n’a pas oublié de commenter la situation internationale notamment au niveau des pays du voisinage, à savoir le Mali et la Libye dont l’instabilité inquiète.
L’analyste politique estime que la Libye constitue un pays «pivot» mais qui, pour avoir traversé une période difficile, la voix est devenue «inaudible». L’invité a affirmé que sur la scène politique internationale, l’Algérie est en train de revenir «en force» sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux, plus particulièrement ceux relatifs à sa «profondeur stratégique» avec ces deux Etats.
M. Haddam a par ailleurs évoqué les récentes déclarations Fayez El Faradj et le maréchal Khalifa Haftar. Il a affirmé que les protagonistes libyens doivent passer par Alger pour mettre fin à leur conflit armé.
S’agissant du Mali, l’intervenant estime que cet «État est en train de vivre une crise institutionnelle extrêmement grave». Il a rappelé l’appel du ministre français des Affaires étrangères adressé aux belligérants maliens les invitant à revenir aux Accords d’Alger pour ramener la paix dans leur pays.