mardi , 19 janvier 2021
<span style='text-decoration: underline;'>RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN</span>:<br><span style='color:red;'>Le Conseil de la Nation et l’APN dénoncent et condamnent</span>

RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN:
Le Conseil de la Nation et l’APN dénoncent et condamnent

Les présidents du Conseil de la Nation par intérim et de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont condamné la dernière résolution du Parlement européen et dénoncent l’interférence dans les affaires internes de l’Algérie.

Le Parlement avec ses deux chambres, à savoir le Conseil de la Nation et l’APN, ont réagi par la voix de leurs présidents, en plus des réactions des sénateurs et des députés, à la dernière résolution du Parlement européen à propos de la situation des droits de l’homme en Algérie.
«L’Algérie refuse toute ingérence dans ses affaires internes de quelque nature soitelle », dans la foulée de la résolution adoptée par le Parlement Européen», c’est ce qu’a affirmé, en substance, le président du Conseil de la nation par intérim, M. Salah Goudjil, lors d’une communication téléphonique qu’il a eue, jeudi dernier, avec le président du Sénat de la République Française, Gérard Larcher.
Selon un communiqué du Conseil de la nation, M. Goudjil a affirmé que la résolution adoptée par le Parlement Européen sur la situation des droits de l’homme en Algérie est «un acte en totale contradiction avec la pratique parlementaire. Il a indiqué que le Parlement Européen a bénéficié du soutien occulte de la part de groupes d’intérêt, de lobbies, de partis politiques et d’entités qui, oeuvrent à parasiter les relations de l’Algérie avec ses partenaires, ainsi que le processus démocratique dans lequel elle s’est résolument engagée et l’entrave de toutes les démarches entamées en matière de réformes et de changements auxquels aspire le peuple Algérien».
Par ailleurs, les relations algéro-françaises étaient au menu des discussions des deux parties. La volonté d’accorder à ces relations «plus d’intérêt» et de les étendre à des horizons «plus vastes» a été soulignée. Un objectif qui pourra être atteint à travers notamment, l’optimisation des mécanismes de concertation et de coordination prévus par le protocole de coopération bilatérale, signé entre les deux parties en septembre 2015 à Alger, afin d’accompagner la coopération souhaitée par les deux pays et gouvernements dans divers domaines, dans «le strict respect» des intérêts mutuels des deux peuples et des deux pays, conformément aux démarches, aux efforts et aux orientations des leaders des deux pays, M. Abdelmadjid Tebboune, Président de la République et M. Emmanuel Macron, Président de la République française. Les entretiens entre les présidents des deux chambres parlementaires ont par ailleurs, englobé d’autres questions et dossiers entre autres, les répercussions de la propagation de la pandémie du coronavirus, l’islamophobie et la démocratie ainsi que, divers questions et dossiers d’intérêt commun.
Il s’agit principalement de l’évolution des situations au niveau local et régional à l’instar de la lutte antiterroriste, le tarissement de ses sources de financement à travers la concrétisation de la criminalisation du paiement des rançons, le processus de règlement de la crise libyenne, la situation au Mali et les derniers développements connus par la question du Sahara Occidental et «les souffrances endurées» par le peuple Sahraoui, «la répression et l’injustice qu’il subit et le déni de ses droits légitimes». Ainsi, M. Goudjil a réitéré à son interlocuteur, la position de «principe et immuable» de l’Algérie vis-à-vis de la question sahraouie qui «est et demeure une question de décolonisation », rappelant le «droit indéniable» du peuple Sahraoui à l’autodétermination.
Enfin, M. Goudjil a appelé les instances internationales en général et le Conseil de Sécurité de l’ONU en particulier «à assumer leurs obligations afin de trouver une solution juste et équitable à cette question». S’agissant de la réaction du président de l’APN, Slimane Chenine, à la résolution du Parlement européen, il a affirmé jeudi dernier que «la politique de chantage est résolument révolue». Condamnant la résolution, il a affirmé dans son allocution à l’ouverture d’une plénière consacrée aux questions orales adressées à des membres du Gouvernement que «l’Algérie n’a pas de leçons à recevoir et son peuple rejette les diktats d’où qu’ils viennent».
«Désormais symbole de la politique des deux poids deux mesures dans ses rapports diplomatiques, le Parlement européen s’adonne, par procuration de forces et lobbies bien connus de nous, à des pressions, chantages, et tentatives d’isolement de notre pays», a soutenu M. Chenine évoquant «des velléités à ternir l’image de l’Algérie et des tentatives incessantes à susciter des problèmes internes et à provoquer un désordre programmé à travers un Hirak des réseaux sociaux». Et d’ajouter : «nul n’ignore que derrière la résolution du PE se cachent des forces qui nourrissent toujours le rêve d’atteindre notre Armée nationale populaire (ANP), garant de l’unité et de la souveraineté et soupape de sécurité de la cohésion nationale. Des actes qui relèvent de tentatives récurrentes dans le but d’amener l’Algérie à renoncer à des questions stratégiques et essentielles et d’entraver les projets de développement civilisationnel».
A ce propos, le président de la Chambre basse a assuré que «l’Algérie, forte des fondements de sa renaissance et de sa libre décision, est apte au leadership géopolitique dans le cadre d’une approche fondée sur la paix, le développement et la démocratie. C’est là, précisément, l’Algérie nouvelle». Soulignant, dans le même contexte, «la détermination de l’Algérie à continuer à observer la réciprocité indéniable dans ses rapports, partant de sa conviction que le dialogue constructif (…) repose sur des valeurs communément admises, M. Chenine a affirmé «nous demeurons pour le dialogue, pour peu qu’il soit fondé sur le respect de notre souveraineté et de notre indépendance nationales et qu’il préserve nos intérêts stratégiques».
«La politique du chantage est résolument révolue et définitivement enterrée par le Hirak béni de notre peuple qui a mis en échec la reproduction de la feuille de route concoctée par les laboratoires atlantiques en faveur des processus de transition, a insisté M. Chenine expliquant que cette démarche n’a servi qu’aux divisions régionales, guerres civiles et conflits ethniques et idéologiques dans les pays cibles de ces politiques. Aussi, la résolution du PE a été aussi rejetée, jeudi dernier, par le vice-président de l’APN, chargé de l’activité extérieure, Hamid Boucharef, lors de son intervention par visioconférence aux travaux de la 6e session du Forum parlementaire euro-méditerranéen ayant pour thème «rôle des Parlements dans la reconstruction du développement et de la sécurité en Méditerranée ». Il a affirmé que cette résolution «manque de précision et d’objectivité et ne reflète pas la réalité de la situation en Algérie en termes de promotion des droits économiques, sociaux et culturels et de consécration des droits civils et politiques».
Ainsi, la structure politique pluraliste du Parlement algérien, la représentation des femmes, le pluralisme médiatique, ainsi que la consécration par l’amendement constitutionnel du renforcement des droits de l’homme et des libertés, de l’indépendance de la magistrature et du caractère démocratique du système politique et républicain de l’Etat algérien, ont été mises en avant par M. Boucharef. Il a affirmé que la région de la Méditerranée «constitue un creuset de civilisations et de religions et une passerelle entre les peuples et leurs cultures », selon le communiqué. M. Boucharef a également abordé la question migratoire en tant que phénomène historique «reflétant l’aspiration des hommes à une meilleure vie loin des conflits et des crises » sans la réduire à l’aspect sécuritaire. Il a indiqué que l’Algérie constitue désormais un Etat de transit et de stabilité pour des milliers de migrants d’Afrique et du Moyen Orient qu’elle traite avec humanité, solidarité, réalisme et objectivité. Il a affirmé qu’elle a traité résolument avec les réseaux criminels transfrontaliers impliqués dans l’immigration clandestine et la traite d’humains, tout en respectant ses engagements bilatéraux».
Evoquant les conflits et crises qui prévalent dans la région méditerranéenne et qui exigent une solution dans le cadre de la légalité internationale, il a rappelé le rôle de l’ONU pour permettre au peuple palestinien d’instaurer son état indépendant avec pour capitale Al Qods, régler la crise libyenne via un dialogue politique inter-libyen dans le cadre de la souveraineté de la Libye, de l’unité de son peuple et de son intégrité territoriale, accélérer la décolonisation au Sahara Occidental à travers un référendum d’autodétermination, mettre un terme aux violations marocaines du cessez-le-feu et imposer l’application du droit international, des décisions et des résolutions afférentes.
S’agissant de la crise sanitaire actuelle, il a indiqué que sa propagation à travers le monde a établi l’interdépendance du destin des peuples, la vulnérabilité de l’humanité outre le besoin de la solidarité, de la coopération et de l’action commune.
Samir Hamiche