jeudi , 22 octobre 2020

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Le courage de la responsabilité

Le dilemme est là. Comment éviter la panique tout en étant sans concessions dans l’application des mesures nécessaires à faire face à la prorogation du virus Covid-19 ? Ce flottement qui n’est pas propre uniquement à l’Algérie, a taraudé et taraude toujours les leaders du monde entier. Pourtant, l’urgence est bien là, et les hésitations ont des conséquences catastrophiques.
Les deux grandes expériences sur lesquelles se basent les décideurs, sont la Chine et l’Italie. Les premiers qualifiés d’«autoritaires» par les démocraties occidentales, n’ont pas hésité à confiner des populations de plus de 50 millions d’habitants sans aucun état d’âme. Aujourd’hui, ils entrevoient le début de la sortie du tunnel avec des contaminations et des décès qui ne dépassent pas les 20 par jour, alors qu’au début on parlait de milliers de personnes atteintes et de centaines de morts par jour.
En Italie, les choses et les décisions radicales ont mis du temps à se mettre en place. Conséquences, les contaminés et les morts s’allongent et le pic de la crise est encore loin d’être atteint. Les Italiens payent en réalité tous les temps de retard d’un début hésitant.
En Algérie où le premier cas (un ressortissant italien) a été signalé le 17 février, les pouvoirs publics tentent de s’organiser en mettant en place une grande campagne de prévention et des décisions qui s’enchaînent et se durcissent au fur et à mesure de la multiplication des cas, mais aussi des dangers qui viennent de l’Europe qui est aujourd’hui le premier foyer de la pandémie. Mais à ce jour, aucune mesure de confinement n’a été prise, notamment au niveau de la wilaya de Blida qui est clairement la région la plus touchée du pays. Une décision qui doit être prise au sérieux, surtout qu’aujourd’hui 8 wilayas sont déjà touchées, même si c’est avec des cas beaucoup moins nombreux que la wilaya de Blida.
Le ministre de la Santé ne semble pas totalement fermé à cette décision de confinement de Blida et de Boufarik, qui pourrait intervenir dans les jours à venir. Même si pour le moment les pouvoirs publics semblent plus se soucier des cas venant de l’Europe; «Si on arrive à limiter le nombre de cas qui arrivent de ces pays à risque (Europe) avec cette mesure relative à la suspension des liaisons aériennes et maritimes, j’ai espoir qu’on pourra contenir cette épidémie», a confié dernièrement le ministre de la Santé.
Faire face à cette pandémie, exige des décisions courageuses et plus tôt on les prendra et mieux ce sera pour tout le monde. Il faut agir vite avant de ne pouvoir plus rien gérer au niveau de nos hôpitaux. La prévention doit passer à une vitesse bien supérieure car, c’est le seul moyen de contenir le virus. Il ne suffit pas de se contenter de suivre les étapes par lesquelles sont passés les autres. Car, les autres sont déjà dépassés et regrettent de n’avoir pas eu cette dose de courage au moment opportun.
Par Abdelmadjid Blidi