mardi , 11 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Samy Agli </span>:<br><span style='color:red;'>Le Covid 19 mettrait en péril des pans entiers de l’économie</span>
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Samy Agli :
Le Covid 19 mettrait en péril des pans entiers de l’économie

Le président de la Confédération Algérienne du patronat citoyen (CAPC), Samy Agli a salué hier à Alger la volonté des pouvoirs publics de porter rapidement secours au secteur productif dont il reste difficile à évaluer précisément les pertes financières occasionnées.

Ainsi, le président de la CAPC estime que si la crise sanitaire créée par la pandémie du coronavirus venait à perdurer, elle risquerait d’entraîner la disparition de pans entiers de l’économie, en raison de l’extrême fragilité dans laquelle elle a placé un nombre important d’entreprises. Lors de son intervention hier à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, M Agli indique que ceci risque de provoquer de sérieux dégâts sur le plan social. Des pertes de chiffre d’affaires entraînées par les effets de la Covid 19, particulièrement pour les secteurs du BTP et du tourisme, considérés «sinistrés», l’invité les évalue grossièrement entre 60 à 80%. « La priorité est de maintenir, coûte que coûte, ce qui subsiste des activités économiques pour, explique-t-il, permettre aux entreprises de garder un minimum de trésorerie », maintenir l’emploi, et partant, le pouvoir d’achat des Algériens.
Afin justement le maintien de ces activités, lesquelles ont connu une décroissance de 3,8%, d’après des données de l’ONU, M. Aghli indique que les opérateurs économiques ont proposé le report, «sans pénalités», du paiement des charges fiscales et patronales, une décision dont il note qu’elle a été suivie d’effet de la part du ministère des finances et de celui du travail, sur décision du chef de l’Etat.
Après cette mesure salutaire dont il signale qu’elle pourra, une fois la pandémie vaincue, contribuer à la relance des activités économiques, le président de la Confédération du patronat fait part de l’écueil persistant représenté par la bureaucratie, au niveau des banques, en particulier, pour faire appliquer ces mesures. A ce propos, il déclare souhaiter un «accompagnement» des pouvoirs publics. Il est à rappeler que le président de la Confédération des industriels et producteurs Algériens (CIPA), Abdelwahab Ziani a fait un constat peu satisfaisant sur la situation des PME pendant ces derniers temps lors de son passage sur le même plateau de la radio nationale.
Ainsi, il avait estimé qu’en plus de cette pandémie, d’autres obstacles viennent pour freiner le développement des entreprises. Il citera entre autres les freins bureaucratiques de l’administration, le blocage des moyens de transport des marchandises et des personnels imposé par le confinement.
Pour l’hôte de la radio nationale, les mesures adoptées par le gouvernement en faveur du secteur productif ne sont pas répercutées en temps opportun «pour être rapidement appliquées sur le terrain», en raison des tracasseries administratives. Pour réussir le pari de la relance, indique M. Ziani, il faut enclencher rapidement ces mécanismes de soutien et d’accompagnement, «afin de ne pas laisser le tissu industriel se détruire». En même temps, ajoute-t-il, il faudrait que jusqu’à la fin de l’année en cours, soit introduit un taux zéro des prêts bancaires consentis aux entreprises.
Noreddine Oumessaoud