lundi , 10 août 2020

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Le début d’un processus

Dernière ligne droite, derniers meetings, dernières consignes aux militants, la campagne électorale aborde en ce début de semaine, son ultime virage avant l’heure de vérité, celui des urnes. Au lendemain d’un débat télévisé, le premier du genre, depuis l’indépendance du pays, les électeurs sont toujours partagés entre voter et boycotter. On ne peut pas tout demander à un débat. Mais il est clair qu’au vu des records d’audience, la prestation des cinq candidats a fait bouger les lignes, dans un sens comme dans l’autre. Le caractère sans précédent du débat avait pour fonction première d’amener les citoyens à faire leur devoir électoral. Mais l’on n’est pas sûr que ces derniers soient vraiment convaincus de la nécessité d’aller en masse aux bureaux de votes. Le jour J on saura l’impact dudit débat sur l’opinion nationale.
Les raisons de la désaffection annoncée des électeurs au prochain scrutin sont entre autres le fait d’une campagne féroce contre la présidentielle, menée tambour battant par des militants et des cybers activistes, très motivés, mais aussi très professionnels, formés à l’école très américaine du «Régim change». Le propos n’est pas de charger l’ensemble des Algériens acquis à l’idée de la Constituante, mais il est tout de même, assez de signaux qui montrent que quelque chose a été concoctée dans des officines hostiles à l’Algérie. D’autres raisons viennent évidemment se greffer à l’attitude d’une partie de l’électorat nationale. On imagine bien le citoyen algérien dire connaître déjà la musique. Il affirme ne pas s’attendre à voir son nouveau président sur le terrain.
Le citoyen en question a tout à fait raison de penser ainsi, mais il faut aussi qu’il sache que la présidentielle du 12 décembre 2019 n’est pas comme les précédentes. Le pays est sans président depuis plusieurs mois. Une vague opération de déstabilisation est en marche et le premier véritable acte de cette opération démarrera immanquablement en cas d’échec de la présidentielle. L’enjeu n’est pas de savoir ce que fera le prochain président, mais bel et bien de donner à l’Algérie la chance de sortir de sa crise, avec un minimum de dégâts. Le scrutin n’est pas une fin en soi, mais le début d’un processus que tout le monde veut citoyen, patriotique et véritablement efficace. L’Algérie doit se reconstruire, mais lorsqu’on veut la ramener au stade zéro, c’est qu’on cherche à l’entraîner dans d’autres drames…

Par Nabil G