lundi , 28 septembre 2020

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Le début et la fin d’une guerre

La tension qui caractérise la scène libyenne, fait écran à un autre conflit tout aussi destructeur. Il est situé au sud de la Libye dans le Sahel et est la conséquence directe de la très grave crise libyenne provoquée par la France et quelques uns de ses alliés. La rencontre à Pau, en France, des pays du G5 Sahel, a traduit l’inquiétude des uns et des autres face à une guerre qu’on dit perdue d’avance. Perdue parce qu’on a ignoré la dimension politique du conflit. L’on n’a pas réfléchi assez avant d’engager des armées sur le terrain. De fait, la guerre dans le Sahel bouclera sa énième année, sans que l’on sente une quelconque amélioration. Durant ce laps de temps, l’opinion internationale est régulièrement informée sur les frappes de l’armée française. L’aviation semble faire l’essentiel dans ce conflit et bombarde au sud comme au nord de cette région étendue comme toute l’Europe. Nous autres Algériens apprenons, pour ce qui nous concerne, que l’Algérie a fermé ses frontières avec le Mali et compte bloquer toute tentative de retraite des groupes terroristes. Il n’y a pas que cela bien entendu.
Au début de l’intervention française au Mali, l’opinion mondiale a cru que les jours de l’AQMI et du MUJAO étaient comptés, que cette guerre n’en serait pas véritablement une, que les choses seraient pliées en quelques semaines. D’ailleurs, c’était un peu le vœu de la France. Son ministre des Affaires étrangères l’avait à maintes reprises souligné. Il avait même exprimé un certain empressement de voir les armées africaines prendre le relais de son pays dans le conflit malien. Le G5 devait servir à cet effet. Mais plusieurs années après, on voit le résultat.
Franchement, toutes les guerres commencent ainsi. Tout le monde est optimiste et même les civils adhérent aux explications guerrières. Ils y croient en général à la condition de savoir la durée du conflit. Mais les politiques ne disent jamais tout aux civils. Ils cachent leur incompétence derrière des solutions militaires qui, au final, ramènent les conflits à leurs points de départ, avec des milliers de morts dans leur macabre bilan.
Le problème dans cette équation est justement le temps. On sait quand une guerre commence et on ignore tout de sa fin. L’Eviter est la meilleure chose à faire. Et les efforts fournis par l’Algérie pour aboutir à une solution politique en Libye, versaient dans cette logique. Mais ce qui se fait sur le front du Sahel, ce n’est pas ce que souhaiteraient les populations de la région. Ils l’on fait savoir à la France…
Par Nabil G