lundi , 28 septembre 2020

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Le dilemme libyen

Les autorités libyennes de Tripoli et leurs nouvel allié-surprise turc, ont beau tenter de vouloir convaincre l’opinion mondiale sur la nécessité d’une solution militaire à la crise qui secoue le pays. Il est évident qu’outre le grave conflit qui oppose Tripoli à Toubrouk, l’activisme «débordant» de très nombreux miliciens qui n’en font qu’à leurs têtes, a fini par déborder et mis tout le pays dans une situation très peu enviable. Et pour cause, l’on se retrouve en Libye, avec des autorités sans aucun pouvoir et qui doivent donc négocier avec des groupes armés qui disent tenir leur légitimité à leur participation à la guerre qui a mis fin au règne de Mouamar El Ghedaffi. Les fractures profondes au sein du corps social libyen, ont fait que ces bandes armées qui obéissent prioritairement aux dirigeants de leurs tribus respectives, font fi de tout processus «démocratique», et notamment du gouvernement dont la compétence est forcément sujette à interrogation au vu de l’évolution de la situation dans ce pays.
Il faut savoir, en effet, que présentement, dans la ville de Tripoli pullule des gens en armes qui patrouillent dans des 4X4 exhibant à qui veut douter de leur influence leurs Kalachnikov. A quelques kilomètres des «fanfaronnades» de ces bandes de jeunes miliciens, les canons de l’armée de Haftar, tonnent et font peser une menace directe sur le pays et toute l’Afrique du nord.
Et comme ce tableau n’était pas assez cataclysmique, l’armée turque vient mettre son grain de sel. Ce n’est pas là le seul reproche que l’on peut faire à cette «démocratie naissante», comme l’appelle Bernard Henri Levy, l’assassin des nations. Il y a aussi le mode opératoire de ces groupes qui est on ne peut plus bizarre. Il y a quelques années, ils encerclaient des ministères, empêchaient les fonctionnaires d’y accéder et interpellaient par le biais de ce genre d’actions, le gouvernement et le pressaient de finir l’œuvre «révolutionnaire». Tous ces stigmates d’une «Révolution» fabriquée dans les laboratoires du sionisme international, font l’essentiel du tableau libyen actuel.
Les relais locaux et étrangers des destructeurs de la Libye, ont trouvé le moyen de brouiller les cartes de sorte à ce que le pays n’ait pas de véritables maîtres. L’interface que les dirigeants libyens montrent au monde, est en contradiction totale avec la réalité du terrain. Il est presque entendu que la Libye n’existe plus. C’était là l’objectif final de BHL et ses complices. Ils sont parvenus à faire croire aux Libyens eux-mêmes, que leurs alliés sont à l’étranger. L’un a été les chercher à Abou Dabi et au Caire, d’autres les voient à Ankara. Et tous ont oublié que ce sont les voisins qui sont leur seul salut. Pris par leur folie guerrière, Haftar et Serradj n’écoutent, ni l’Algérie, ni la Tunisie. Ils se disent Libyens, mais ne le sont presque plus.
Par Nabil G