jeudi , 22 octobre 2020

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Le double échec

Le prix du pétrole sur les marchés internationaux demeure désespérément statique. Oscillant entre 58 et 61 dollars le baril, l’or noir n’est plus en mesure de garantir le financement de l’économie du pays. Cela était déjà prévu par les différents gouvernements qui s’étaient succédé aux affaires. Ce qui a été fait pour remplacer les ressources financières générées par les hydrocarbures, est manifestement insuffisant, puisque pas plus tard qu’il y a deux jours, le ministre des Finances a reconnu, devant les députés de l’APN, la totale dépendance du pays aux hydrocarbures.
Cela on le savait. Le ministre n’a fait, en réalité, que défoncer des portes ouvertes. Ce qui est proprement révoltant, ce n’est pas tant qu’on ait échoué à trouver de bons moyens de diversifier notre économie ou qu’on s’y est pas pris à temps, mais c’est la nouvelle hécatombe qui nous tombe dessus au plus mauvais moment. C’est le ministre de l’Energie, devant la même Assemblée, qui a tout simplement affirmé qu’au rythme de la consommation locale du gaz, le pays ne pourra plus exporter en 2030 et deviendra même importateur net. Cela aussi, les dirigeants le savaient et la solution à ce problème était déjà connue et, comme pour la diversification de l’économie, rien de bien sérieux n’a été fait pour y remédier.
Pourtant tout est réuni pour que les Algériens consomment beaucoup moins de gaz, sans avoir à faire des coupes dans les subventions. Cela s’appelle l’option du développement des énergies renouvelables. Les responsables disaient, il y a quelques années, qu’il serait suicidaire pour un pays comme le nôtre de fermer les yeux sur une réalité aussi évidente, celle qui donne la fin de l’or noir à plus ou moins courte échéance. Toutes les études, même les plus optimistes, prévoient le tarissement des puits de pétrole et de gaz au plus tard vers le milieu du 21e siècle. L’Algérie aura eu un petit siècle pour se préparer à cette échéance en construisant une nouvelle industrie énergétique basée sur le nucléaire et le solaire. C’est ce qu’on disait.
Au jour d’aujourd’hui, le pays totalise 500 MGH d’électricité solaire, au moment où il avait été tracé la réalisation de 22.000 MGH à l’horizon 2022, impossible à atteindre. Pourtant la mise en œuvre de ces capacité de production d’énergie verte, aurait permis l’économie de plusieurs dizaines de milliards de m3 de gaz. Autant d’hydrocarbures qui seraient orientées vers l’exportation. Cela en sus des centaines de milliers d’emplois créés dans le Solaire.
Voici donc le double échec des divers gouvernements. Ils n’ont pas solutionné le problème de l’absence de diversification des recettes d’exportation et ils ont trouvé le moyen de consommer notre énergie, sans la renouveler, ni la remplacer.

Par Nabil.G