samedi , 26 septembre 2020

Le fléau de la médiocrité et de la régression

Reprenant les termes d’un article de presse dénonçant la dégradation et la clochardisation avancée du cadre urbain au square Port Said, sur le Bd Front de Mer, les mauvaises langues attablées au café des jérémiades, applaudissaient tous au constat dressé par le journaliste qui décrivait l’odieux et hideux décor affectant les lieux, malgré les présumés travaux d’aménagement et de réhabilitation engagés ici sur instruction de l’ancien Wali Mouloud Chérifi. Comme bon nombre de citoyens oranais, beaucoup se demandent encore pourquoi la très belle statue des deux lionceaux entrelacés, une œuvre connue et répertoriée datant plus d’un siècle, a été déplacée ailleurs, au milieu de la circulation routière, juste en face de l’entrée principale du Lycée Pasteur. «…Peut-être pour faire plaisir au consulat de France» lançait abusivement un universitaire dépité par le manque de rigueur et de sérieux dans la gestion du cadre urbain. Mais ce qui est encore plus choquant, est le fait que cette place, connue sous la noble appellation de Square Port Said, a été dénudée et privée de sa belle statue sans aucun élément de remplacement digne de son rôle urbain et de sa splendeur. Laissée longtemps à l’abandon, la place a peu à peu connu un délabrement et une clochardisation indigne des ambitions de la Capitale oranaise. Des travaux, entamés depuis longtemps, et jamais achevés, montrent bien l’ampleur du «bâclage» et du colmatage engagé ici en toute impunité. Le nouveau revêtement du sol de l’esplanade, loin d’être moderne et attrayant, donne au contraire à l’endroit une ambiance terne, triste et morose. Et la stèle des lions déplacée ailleurs, a été tristement remplacée par un vulgaire bassin qui, souligne notre confrère, «pue l’odeur d’urine», tant l’endroit s’est transformé en lieu de rencontres nocturnes de différents énergumènes, alcooliques et marginaux. Le célèbre Bd Front de Mer d’Oran, vitrine incontestable de la cité et premier site de promenade urbaine, prisé des visiteurs, semble malheureusement, lui aussi, victime des piètres gesticulations des pouvoirs publics érigées en mode sublime de gestion et de sauvegarde du cadre urbain. La médiocrité des actions, le manque de créativité et de professionnalisme, et surtout le laxisme, les tricheries et la prédation de bas étage, ne cessent de plonger la cité oranaise dans la fatalité des échecs et de la régression.

Par S.Benali