jeudi , 22 octobre 2020

Le fléau de la «rachoua» et de la course au gain facile

La liste des bénéficiaires de logements sociaux affichée la semaine dernière à l’APC de Boutlélis, avait soulevé un grand mouvement de protestation de la part de nombreux citoyens se disant «injustement exclus» de l’opération. Certains, dont les noms figuraient auparavant sur les listes affichées au niveau de la Daïra il y a environ un an, étaient surpris et bien en colère en découvrant que leur noms n’existaient plus sur la liste finale d’attribution des 300 logements retenue à l’antenne de l’OPGI. Ainsi, pas moins de 200 personnes étaient rassemblées devant le siège de la Daïra pour exprimer leur colère et leur frustration. Dénonçant «l’injustice et le piston» qui, selon eux, aurait marqué les critères d’attribution de ces logements, les contestataires semblaient prêts à monter au créneau de la violence urbaine pour faire valoir leurs revendications. Une situation qui a fort heureusement été calmée par l’intervention des autorités locales et l’annonce du gel de cette liste controversée. Et selon les déclarations de la chef de Daïra, il sera procédé à une révision de la liste après enquête et réexamen approfondi des dossiers. Une façon de confirmer implicitement que des dérives, des tricheries et des dépassements ont pu être commis lors de la confection de cette liste aux différents niveaux d’intervention. On se souvient par ailleurs, que le Wali d’Oran, avait récemment déclaré devant les élus de l’APW, qu’il ne tolérera aucune modification injustifiée dans les listes des bénéficiaires et qu’il saisirait la justice en cas de changement ou d’ajouts frauduleux sur les listes des bénéficiaires de logements sociaux dans les 26 communes de la wilaya d’Oran. Malheureusement, les avertissements du Wali d’Oran, M. Djelaoui Abdelkader, semblent bien insuffisants à juguler le fléau des tricheries et des passe-droits qui gangrènent depuis longtemps ce registre des attributions du logement social. A Boutlélis, comme ailleurs, les listes officielles établies et contrôlées par les membres de la commission d’attribution de logements sociaux de la daïra puis de wilaya, sont loin de réunir les conditions idéales permettant leur «confection» dans la rigueur, l’équité et la transparence requise pour ce genre de mission. Sur le terrain, les brigades chargées des enquêtes relevant des APC et des secteurs urbains, sont «souvent pointées du doigt pour certaines formes de «favoritisme». Ici, comme ailleurs, le fléau de la «rachoua» et de la course au gain facile semble difficile à éradiquer totalement, malgré les efforts et la vigilance des fonctionnaires et des élus intègres en charge des opérations.

Par S.Benali