mardi , 19 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Espaces verts et terrains à l’état d’abandon à Aïn El Türck</span>:<br><span style='color:red;'>Le jeu des ombres chinoises …</span>

Espaces verts et terrains à l’état d’abandon à Aïn El Türck:
Le jeu des ombres chinoises …

A Aïn El Türck, il n’est jamais bon de voir une assiette de terrain ou un espace vert demeurer assez longtemps à l’état nu ou à l’état d’abandon. Surtout s’ils sont discrètement situés, à l’abri des regards et de surcroît, dans un quartier résidentiel. Cela signifie que le ou les prédateurs ne sont pas loin. Ils protègent leur butin.

Les repreneurs sont prêts à mettre le paquet. La discrétion est de mise. Les revendeurs, comme les acheteurs, leurs relais et leurs rabatteurs, sont pour leurs parts, mystérieusement fantomatiques, insoupçonnés et surtout insoupçonnables. Si le circuit pour arriver à l’acquisition de l’assiette foncière est techniquement connu, les responsables signataires, eux, sont dans l’ombre ; aussi, le secret est tenu autour du futur acquéreur, lui aussi, tout autant énigmatique que ses associés.
On ne distingue plus entre le véritable acheteur et le nom d’emprunt. C’est un véritable jeu d’ombres chinoises. Il faut dire que le stratagème d’attribuer un nom souvent fictif, celui d’un personnage influent, à une assiette de terrain afin d’indiquer son appartenance et faire surtout éloigner d’éventuels prédateurs et autres riverains un peu râleurs, a très bien fonctionné à Aïn El Türck. si bien fonctionné que depuis toujours, les riverains, se sont entendus dire, tel terrain appartient à X, ce lotissement appartient à Y . Ce qui n’est pas totalement faux, mais ce n’était pas totalement vrai. Les prédateurs du foncier, recensés parmi des élus et des affairistes opportunistes locaux se garantissaient le temps d’agir tranquillement, sans craindre d’être inquiétés par une quelconque partie concurrentielle. Les noms des personnages évoqués vous glaçaient le sang. Qui aurait osé contester ou réclamer quoi que ce soit ? Ceux, parmi les responsables locaux élus qui auraient eu la malchance d’être interrogés sur le sort de telle ou telle assiette, devaient souffrir le martyr afin de ne pas dévoiler de nom.
C’était la chape de plomb. L’organisation autour du foncier était si parfaitement huilée et protégée par les planificateurs que tout manquement d’un membre du cercle était perçu comme une traîtrise, donc un acte condamnable. Un maire pouvait, du jour au lendemain, sauter de son poste. Ses assistants étaient les premiers à le déchiqueter si leurs intérêts étaient touchés et l’envoyer en enfer. En fait, la dilapidation du foncier à Aïn El Türck et dans ses communes limitrophes a été magistralement orchestrée par une horde de rapaces qui ont passé entre eux un acte diabolique en se partageant le territoire, tout en veillant à ce que l’un ne vienne pas empiéter sur le domaine de l’autre.
Une fois, l’assiette foncière répertoriée, une attribution fictive au nom d’un personnage de haut rang était opérée, en attendant la venue du bon client. Le reste ne sera plus question que d’une simple formalité dont se chargeront des élus intégrés dans l’opération. De nombreux lotissements ont ainsi disparu du stock foncier urbanisable et agricole de la commune sans que personne ne crie gare, pendant que d’autres attendent de l’être, c’est juste une affaire de timing et d’opportunité. Pendant que la nation entière consacre ses efforts dans la lutte contre l’épidémie et à relever le pays, les maraudeurs discutent en ce moment, des bonnes affaires, de ce qui reste à dévorer, de la future assemblée communale.
Pour l’anecdote, la dernière assemblée communale en date d’Aïn El Türck, a éclaté à cause d’un lotissement foncier destiné à être transformé en coopérative immobilière de 200 lots. Le conflit a été si violent que les pouvoirs publics ont été contraints de geler l’activité des 19 membres, maire compris. La crise du logement à Aïn El Türck tire son origine de l’assèchement tragique du foncier urbanisable détourné vers les coopératives immobilières privées. Aujourd’hui, les riverains n’écarquillent plus les yeux en croisant un espace vert ou un terrain encore de libre et jonchés de mauvaises herbes et de feuillages et où s’entassent des ordures. Ils savent que les enchères sont depuis longtemps lancées.
Karim.B

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