mardi , 19 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Certificats de complaisance, pseudo-syndicats et caisse des retraites</span>:<br><span style='color:red;'>Le ministre du Travail sans détour</span>
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Certificats de complaisance, pseudo-syndicats et caisse des retraites:
Le ministre du Travail sans détour

Visiblement déterminé à frapper à la racine du mal, M.Zemal annonce que les médecins à l’origine de faux certificats de maladie, répondront eux aussi devant les tribunaux. Le ministre ne mâche pas ses mots et affirme avoir instruit les services habilités de son ministère de porter toute suspicion de fraude perpétrée par un médecin devant la Justice.

Entre les syndicats illégaux et la fraude à l’arrêt maladie, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale n’a pas été tendre avec les contrevenants hier, dans l’émission de la chaîne 1 de la radio nationale. Mourad Zemali, dont le souci permanent tient au maintien du fragile équilibre de la Caisse nationale de la sécurité sociale, a pointé un doigt accusateur en direction des «faux malades», dont il estime le nombre anormalement élevé. Et pour cause, le département du Travail a recensé 14 390 000 arrêts de maladie pour la seule année 2017. Il est difficile d’imaginer autant de certificats médicaux d’arrêt de travail, sans penser à une complaisance caractérisée. Le ministre qui n’est pas dupe, opte clairement pour cette seconde explication, laquelle grève sérieusement le budget de la CNAS.
La résolution de M. Zemali pour l’année en cours, consiste à arrêter la «saignée» de la CNAS et porter les dépenses pour arrêts de maladie à des proportions acceptables. Pour ce faire, le ministre préconise l’intensification des contrôles. Ceux-ci, seront très rigoureux et M.Zemali évoque clairement l’option de poursuites judiciaires à l’encontre des contrevenants. «Nous saisirons la justice contre tous ceux qui produisent à nos agents de fausses déclarations de maladie. Ce genre d’acte constitue un délit sanctionné par la loi», a averti le ministre, tout en insistant également sur le caractère pénalisant de la fraude sur l’économie nationale.
Visiblement déterminé à frapper à la racine du mal, M.Zemali annonce que les médecins à l’origine de faux certificats de maladie, répondront eux aussi devant les tribunaux. Le ministre ne mâche pas ses mots et affirme avoir instruit les services habilités de son ministère, de porter toute suspicion de fraude perpétrée par un médecin devant la Justice. «Je n’ignore pas que de nombreux médecins délivrent de faux certificats de maladie aux travailleurs du secteur public», note le ministre, non sans rappeler que ce genre de comportement «va à l’encontre de l’éthique et à la déontologie régissant le corps des médecins». Ces pratiques délictuelles, ont un impact négatif direct sur les finances de la CNAS. Celle-ci, «est victime d’actes de vol qui affaiblissent son équilibre financier et pénalisent les cotisants sérieux».
Avec la même détermination, le ministre a évoqué la question des syndicats autonomes sans agrément. Pour lui, la nécessité de faire respecter la loi en matière d’exercice syndical, relève du rôle naturel du ministère du Travail. Aussi, le dernier communiqué émanant du département dont il a la charge, sur le sujet des syndicats, n’avait aucun caractère répressif. Il fallait tout simplement mettre les travailleurs au courant de la scène syndicale pour qu’ils sachent s’ils doivent ou pas intégrer une organisation syndicale. La première précaution à prendre serait de s’assurer de sa position vis-à-vis de la loi algérienne. L’objectif du ministère est de débarrasser le monde du travail de «pseudo-organisations» qui «arnaquent les travailleurs en leur subtilisant de l’argent sous forme de cotisations».
L’autre dossier épineux qui semble loin d’une solution pérenne, est celui de la Caisse nationale des retraites (CNR). Le ministre révèle que malgré les interventions gouvernementales pour équilibrer ses comptes, la CNR reste déficitaire de quelque 500 milliards de dinars. La révision de la loi sur la retraite ne semble pas réduire le trou de la caisse et l’allongement de la période de cotisation semble s’imposer comme la solution définitive au casse-tête du déficit.
Alger: Smaïl Daoudi