dimanche , 7 mars 2021

Le non respect des mesures préventives

S’exprimant tout récemment sur les ondes de la radio locale El Bahia, le wali d’Oran, expliquant la stratégie de lutte contre l’épidémie du Covid-19, a notamment affirmé qu’il s’agit « de trouver les mécanismes nécessaires pour éviter de revenir au confinement et à ses répercussions sociales et économiques « pouvant impacter douloureusement les personnes défavorisées ou tirant leur revenu au jour le jour d’une activité quotidienne manuelle et artisanale. Selon le wali d’Oran, il faut donc absolument éviter le retour au confinement et gérer la situation à travers un strict renforcement des mesures de prévention des gestes barrières et de la mobilisation des moyens et des ressources humaines pour lutter contre l’épidémie. Le Wali a présenté un bilan chiffré sur les principales actions engagées dont la confection et la distribution de bavettes, les campagnes de sensibilisation, les opérations de nettoiement et de désinfection. Evoquant également la situation épidémiologique dans la wilaya, Abdelkader Djellaoui a indiqué que «La situation est maîtrisée mais il reste beaucoup de travail». Une phrase générique jugée lapidaire par bon nombre d’observateurs locaux en attente de plus d’informations et d’analyses sur la situation à travers les différents paramètres devant être pris en compte. Les récentes polémiques sur la disponibilité non pas de l’oxygène mais des évaporateurs et des lits dotés de branchements aux bouteilles, ainsi que les données chiffrées sur les capacités et les conditions réelles d’accueil des malades aux unités Covid-19 des structures de santé, semblent poser, il faut l’admettre, un certain nombre d’’interrogations, voire chez certains, un brin de doute et de scepticisme quand à la maîtrise totale de la situation. Un médecin installé depuis plus de trente ans en cabinet privé aux HLM/USTO, a souligné que le Wali d’Oran a expliqué sur la radio que l’augmentation des cas enregistrés ces derniers jours, serait due à un «renforcement des capacités de diagnostic» grâce aux 3 laboratoires de dépistage opérationnels à Oran. « Cela signifie-t-il que si on avait beaucoup plus de moyens de dépistage Oran connaitrait un plus grand nombre de cas de contamination, s’interroge la praticienne ? En réalité, l’augmentation alarmante du nombre de cas de contamination reste essentiellement liée au non respect des mesures barrières de protection, dont le port de la bavette et la distanciation physique dans les lieux publics. Le médecin privé nous affirme qu’elle reçoit chaque jour en moyenne dans son cabinet, deux à trois malades présentant des symptômes évidents du coronavirus. «Mais la plupart, nous dit-elle, refusent systématiquement d’aller à l’Hôpital malgré mes injonctions… Certains par peur, d’autres par hantise de la fille d’attente, ou tout simplement parce qu’ils se disent que «ce n’est qu’une simple grippe qui va passer… Étant dans l’obligation morale de soigner, je prescris à certains un traitement en leur demandant de rester chez eux en confinement absolu «. Un témoignage qui atteste du faible niveau, voire de l’absence, de coordination entre les médecins installés dans les cabinets privés et les autorités sanitaires locales en charge de la gestion de la crise sanitaire. Aujourd’hui, une chose est sûre : L’augmentation alarmante des cas de contamination est due au non respect des mesures préventives dont le port de la bavette, la distanciation sociale et la participation à des événements familiaux ; mariages, anniversaires, décès, rassemblant un grand nombre de personnes.
Par S.Benali