lundi , 18 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Quand l’UE se permet des critiques déplacées</span>:<br><span style='color:red;'>Le péché d’ingérence</span>

Quand l’UE se permet des critiques déplacées:
Le péché d’ingérence

L’Europe se donne le droit de ne plus acheter du gaz algérien et entend obliger l’Algérie à acheter ses produits manufacturés. Pourtant, il y a lieu de souligner que l’UE n’a perdu que 2 milliards de dollars dans ces échanges avec l’Algérie, passant de 22 milliards de dollars en 2016 à 20 milliards de dollars en 2017.

Les petites phrases assassines de la commissaire européenne au commerce et de l’ambassadeur de l’UE à Alger, concernant la décision de suspension des importations de 851 produits, ont suscité des réactions d’indignation de la part des partenaires sociaux du gouvernement. Une attitude relayée, hier, par le Vice-président du Conseil national économique et social (CNES) Mustapha Mekideche, qui a relevé que la sortie de la commissaire européenne intervenait dans un contexte et un timing «particulièrement mal choisis». Et pour cause, pour M.Mekideche, cette réaction du partenaire européen, est d’autant plus paradoxale, qu’elle se manifeste «au moment où les échanges économiques avec les pays membres de l’UE, se développent». Il n’y a objectivement aucune raison de voir une levée de bouclier en Europe contre une décision souveraine de l’Etat algérien, prise, comme tout le monde l’aura remarqué, après une chute de 50% des revenus extérieurs du pays. La menace, à peine voilée, de la haute fonctionnaire européenne, de recourir à l’arbitrage, relève d’une vision étriquée et tout à fait inopportune. Cette responsable se comporte comme si l’Algérie était dans l’obligation de s’approvisionner exclusivement de l’Europe, sans tenir compte d’aucune sorte de paramètre. Une attitude plus qu’égoïste, rappelle le Vice-président du CNES qui n’omet pas de souligner que l’EU se permet de remettre en cause des accords importants dans le domaine des hydrocarbures. En fait, l’Europe se donne le droit de ne plus acheter du gaz algérien et entend obliger l’Algérie à acheter ses produits manufacturés. Pourtant, il y a lieu de souligner, que l’UE n’a perdu que 2 milliards de dollars dans ces échanges avec l’Algérie, passant de 22 milliards de dollars en 2016 à 20 milliards de dollars en 2017. Une baisse qui sera largement compensée par la hausse de la facture d’importations SKD et CKD au profit de constructeurs automobiles français, espagnol, tchèque et allemand.
La réaction européenne a ceci de scandaleux, que «l’asymétrie» persistante sur le plan économique entre l’UE et l’Algérie depuis 2005, date de la signature de l’Accord d’association avec l’UE. «Pour réduire cette asymétrie, qui est en faveur de l’UE, cela devrait passer par le développement des activités dans le secteur privé et la concrétisation des investissements au-delà des échanges commerciaux dans lesquels ne devrait pas se limiter la coopération entre l’UE et l’Algérie» note le Vice-président du CNES.
Avec la réaction du CNES, les principaux acteurs économiques et politiques du pays, se dressent donc contre cette tendance de l’UE de vouloir maintenir l’économie algérienne dans une posture d’éternelle importatrice et dépendante des fournisseurs européens, dont très peu voient l’Algérie comme une terre d’investissement.
Le fait que l’Europe ait exporté vers l’Algérie plus de 200 milliards de dollars en 13 ans, alors que dans le sens inverse le montant n’est que de 12 milliards de dollars, illustre assez bien l’asymétrie évoquée par M.Mekideche.
Une situation que le FCE et l’UGTA condamnent dans leur récent communiqué. Ils avaient exprimé mardi leur «préoccupation à la suite de déclarations récurrentes de hauts responsables d’institutions de l’Union européenne sur les mesures engagées par l’Algérie pour faire face au déséquilibre important de la balance des paiements et au déficit budgétaire qui menaçaient sa souveraineté financière et économique».
Pour sa part, le gouvernement, qui a décidé de préserver la dynamique de croissance économique et de développement social et culturel, «a pris les mesures qui s’imposaient, notamment des dispositions transitoires de sauvegarde en matière de commerce extérieur», avait soutenu M. Ouyahia lors de sa prise de parole à l’occasion de la réunion mixte algéro-espagnole à Alger.

Alger: Smaïl Daoudi