dimanche , 26 septembre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>La réunion de l’Opep+ a échoué</span>:<br><span style='color:red;'>Le pétrole entre dans une phase d’incertitude</span>

La réunion de l’Opep+ a échoué:
Le pétrole entre dans une phase d’incertitude

Le plan de l’Opep+ prévoit d’augmenter chaque mois la production de pétrole de 400.000 barils par jour entre août et décembre, soit un total de 2 millions de barils quotidiens.

L’absence d’accord, avant-hier, entre les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de leurs alliés via l’accord l’Opep+ n’a pas fortement perturbé le marché de l’or noir. Certains observateurs ont prédit une flambée des cours en raison du maintien du niveau actuel de l’offre, d’autres misaient au contraire sur un effondrement des cours, les investisseurs devançant, eux, une situation chaotique au sein du cartel pétrolier. La première approche a failli connaître une concrétisation, lorsque à l’ouverture de la bourse de Londres, le baril de Brent est monté jusqu’à 77,84 dollars, atteignant ainsi son niveau d’octobre 2018. C’est-à -dire avant la chute historique de 2020. Dans la bourse de New York la hausse fut encore plus spectaculaire, puisque le WTI a dépassé 76,90 dollars pour la première fois depuis novembre 2014. Un niveau quasi-historique.
Lors de cette première phase, le mini-séisme s’expliquait par l’absence d’accord sur l’augmentation de la production en août et au-delà. Cet état de fait, disent les analystes, laisse le marché encore «plus déficitaire qu’auparavant». L’annulation pure et simple de la réunion d’hier a accentué les appréhensions des investisseurs qui n’ont pas tardé à miser sur une probable pénurie de l’or noir sur le marché réel, la demande étant soutenue face à une offre visiblement hésitante. Les Emirats arabes unis, qui a campé le rôle d “empêcheur de tourner en rond, a bloqué le processus de négociation au sein de l’Opep+. L’hypothèse de la hausse des prix repose sur le fait que cet échec des négociations, déboucherait automatiquement sur reconduction en août, voire au-delà, des quotas de production s’appliquant en juillet et non l’augmentation de la production un temps envisagée. Les marchés boursiers ont, néanmoins, démenti les prévisions et les investisseurs semblaient lâcher l’idée d’une reconduction systématique des quotas de production. Cela s’est matérialisé à travers une baisse remarquable de près de 2 dollars. Le baril se négociait, hier, en milieu d’après-midi à 75,58 dollars. Une chute des prix non négligeable, annonciatrice peut être d’un effondrement redouté par les pays producteurs. Mais il reste que les analystes ne prédisent pas une forte baisse, pour la simple raison que l’économie mondiale, en plein retour de croissance, est demandeuse de pétrole. En tout état de cause, on retiendra qu’un plan est sur la table depuis jeudi et il prévoit d’augmenter chaque mois la production de pétrole de 400.000 barils par jour entre août et décembre, soit un total de 2 millions de barils quotidiens remis sur le marché d’ici la fin de l’année. Cette politique, qui s’inscrirait dans la continuité pour l’Opep+, répond au besoin d’économies qui repartent de nouveau à mesure que les campagnes de vaccination contre le Covid-19 progressent et que les mesures de restrictions de déplacement sont levées.

Yahia Bourit