jeudi , 4 mars 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Partenariat public-privé</span>:<br><span style='color:red;'>Le plaidoyer de Abderrahmane Raouya</span>
© D.R

Partenariat public-privé:
Le plaidoyer de Abderrahmane Raouya

L’argument «massue» du ministre tient dans le taux d’ouverture du capital qui, par force de loi, ne saurait dépasser les 34%. Ce qui revient à dire que l’Etat gardera le contrôle de toutes les entreprises admises au partenariat public-privé.

L’année 2018 sera marquée, économiquement parlant, par la thèse du partenariat public-privé que le gouvernement, le patronat et l’UGTA, ont amorcé il y a quelques jours. C’est un véritable «coup de pied dans la fourmilière» du secteur public que les trois partenaires entendent donner pour booster un appareil de production qui a du mal à se déployer.
Le ministre des Finances Abderrahmane Raouya, ne l’a pas annoncé aussi crûment, mais a souligné, lors de son passage à une émission de la chaîne 3 de la radio nationale, que le partenariat public-privé était un axe fondamental dans l’action du gouvernement. Il reste que pour sensible qu’est le dossier, M.Raouya refuse de parler de bradage des actifs publics. «Le partenariat public-privé, prévu par la Charte du Partenariat sociétaire, n’est pas une privatisation, mais une prise de participation d’entreprises privées dans des entreprises publiques dans des secteurs non stratégiques et dans les limites qui sont connues», a souligné le ministre, comme pour mettre en avant, le caractère strictement fonctionnel de cette mesure, censée aider les entreprises publiques à se renflouer. «Le maintien de l’emploi demeure une priorité pour l’Etat. Le privé ne peut agir en dehors des règles fixées par la loi», a insisté M. Raouya.
L’argument «massue» du ministre tient dans le taux d’ouverture du capital qui, par force de loi, ne saurait dépasser les 34%. Ce qui revient à dire que l’Etat gardera le contrôle de toutes les entreprises admises au partenariat public-privé. Le ministre a surtout insisté sur le fait «l’Etat n’est pas prêt à céder le moindre pourcentage du capital des entreprises publiques relevant des secteurs stratégiques comme celui de l’Energie dont les hydrocarbures ou des Transports». Exit donc, Sonatrach, Sonelgaz et Air Algérie. Ceci étant, le partenariat en question, est surtout envisagé dans la réalisation de l’infrastructure publique à l’image des routes, stations de dessalement, stades et autres….Ce déploiement à l’unisson entre le public et le privé devrait donner un coup de pouce à la croissance laquelle, avait estimé les experts du FMI devait sérieusement reculer en 2018.
Il reste cependant, à croire le ministre des Finances, l’action de la puissance publique sera toujours très présente dans le volet social, à travers des niveaux record de transfert sociaux, à près de 1800 milliards de dinars. Seulement, M.Raouya traduit le sentiment de l’exécutif et souligne que ce niveau de subvention «est trop» lourd. Il a ainsi affirmé que l’Etat continuera, en 2018, à travailler pour revoir cette politique afin de «mieux cibler» ces subventions.
Concernant le commerce extérieur et les mesures prises pour la suspension de l’importation de certains produits, M. Raouya a souligné que ce dispositif est conjoncturel et ce, «pour mettre fin à l’importation anarchique, retrouver l’équilibre de la balance commerciale et rendre notre économie plus solide d’ici deux à trois années».
Concernant les risques d’inflation induits par le recours au financement non conventionnel, le ministre a assuré que «l’Etat a accompagné cette mesure par des mécanismes de contrôle rendant possible la maîtrise des sommes injectées dans l’économie nationale ainsi que de l’inflation dont le taux prévu pour 2018 est de 5,5%». Un taux susceptible d’être plus ou moins respecté en cas de hausse des prix du pétrole. C’est ce qui se profile à bien lire les rapports des organisations spécialisées.
Il reste que le vrai problème de l’économie nationale demeure son pendant informel. A ce propos, le ministre a rejeté la solution qui consiste à changer les billets de banque. Pour M. Raouya, cela «ne peut être possible si la masse de cet argent n’est pas suffisamment connue».
Mais selon le premier argentier du pays, l’Etat «mène la politique du bâton et de la carotte pour inciter les détenteurs de cet argent informel à intégrer le secteur formel». Il faut dire que jusque-là, les tenants du marché parallèle n’ont eu droit qu’à la carotte. Est-ce à dire que 2018 sera celle du bâton ? On le saura bien assez tôt.

Alger: Smaïl Daoudi