mercredi , 5 août 2020

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Le poids de la sincérité en politique

Les puissants du moment ont les yeux braqués sur le Maghreb et le Sahel. La conférence presse conjointe animée par les ministres des Affaires étrangères algérien et russe à Moscou, traduit en partie cet intérêt grandissant de cette région du monde dans les plan stratégique des puissances mondiales. Le Maghreb et le Sahel nous concernent, nous autres Algériens, au plus haut point. Qu’on se souvienne de l’attaque terroriste contre une importante installation gazière dans la région de Tinguentourine proche de la frontière avec la Libye. C’était en 2013. Cette attaque n’était que la conséquence des graves perturbations qui secouaient et qui secouent encore aujourd’hui, la Libye. Plus de 7 ans après, les Américains, les Français, les Britanniques et autres russes en sont encore à tenter de coordonner avec l’Algérie pour contrôler au mieux la situation qui, si on n’y prend pas garde, pourrait se transformer en menace d’ordre planétaire.
Ceci traduit, si besoin, la position stratégique qu’occupe l’Algérie dans les conflits en Libye et au Sahel et l’opportunité historique de la posture qu’elle adopte, à équidistance entre les belligérants. Sachant la stabilité de l’Algérie face à un Mali en guerre, une Tunisie politiquement bouillonnante et une Libye hors du coup, les grands de ce monde, dont la Russie, construisent des scénarios divers et montent des parades aux fins de répondre aux risques présents et futurs, les stratèges occidentaux et turcs omettent justement ce point très important ou alors pensent tellement bien «gérer» sans l’Algérie, qu’ils ne le font pas figurer sur leurs plans de batailles, l’option d’une solution politique à travers un dialogue inclusive.
Boukadoum a réitéré devant son homologue russe l’intime conviction de l’Algérie quant à l’inutilité de soutenir l’un ou l’autre partie du conflit, si l’on cherche sincèrement une solution juste et durable à la crise en Libye et plus généralement dans tous les pays, actuellement en butte à des problèmes de violence politique.
La Russie qui, à travers Serguei Lavrov donne l’impression d’adhérer à l’approche algérienne, attend certainement que la France et la Turquie fasse de même. C’est tout le défi que devra relever l’Algérie qui a trouvé en la Tunisie un allié fidèle pour le règlement pacifique du conflit libyen. Mais les Français et les Turques écouteront-ils le tandem maghrébin où négocieront-ils des parts d’un gâteau qu’ils pensent consommable au plan géostratégique ? De l’attitude de Paris et Ankara, on saura qui est sincère et qui ne l’est pas.
Par Nabli.G