samedi , 2 juillet 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Gazoduc transsaharien</span>:<br><span style='color:red;'>Le projet enfin sur les rails</span>

Gazoduc transsaharien:
Le projet enfin sur les rails

L’apport du gazoduc transsaharien rayonnera sur l’ensemble des pays de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique du nord. Il rendra l’Europe plus regardante sur son partenariat avec l’Afrique.

Le très médiatisé projet du Gazoduc Transsaharien (TSGP) est en passe de franchir un cap décisif pour sa réalisation. Ainsi, après de multiples initiatives et tractation entre les trois protagonistes dudit projet, leurs ministres chargés du dossier se sont rencontrés avant-hier à Abudja au Nigeria. De cette rencontre, qui portait sur la mise en œuvre du TSGP, et qui a réuni le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab, le ministre d’Etat nigérian des ressources pétrolières, Timipre Sylva et le ministre nigérien de l’Energie et des énergies renouvelables, Mahamane Sani Mahamadou, il en a résulté l’engagement des « premiers jalons de ce projet, à travers l’entame des études techniques, en prévision de sa concrétisation sur le terrain dans les plus brefs délais», a souligné le ministre algérien. Cela constitue une victoire de l’Algérie dans la course que lui a imposée le Maroc pour la concrétisation d’une pareille infrastructure de transport de gaz. Il y a lieu de rappeler, en effet, que le royaume alaouite a proposé au Nigeria un autre tracé qui passe par le territoire de 5 pays africains et longe la côte marocaine sur sa façade atlantique. Un chantier pharaonique et un projet trop onéreux comparativement au TSGP.
Ainsi, l’assurance de voir le Nigeria opter pour l’approche algérienne rend le projet réalisable et plus que cela, les trois pays sont rentrés dans le vif du sujet. Les ministres ont discuté des différentes clauses en rapport avec le partage des tâches et des bénéfices, ainsi que les études techniques et financières. Cet accord de principe acquis, il a été décidé d’organiser, au plus tard fin juillet prochain, une réunion en Algérie, pour passer effectivement à l’action. Pour M.Arkab, la rencontre de Abdudja est «très importante et réussie».
La délégation algérienne forte de la présence du PDG du groupe Sonatrach et des cadres du ministère de l’Energie a donc accompli sa mission.
Il faut savoir que lors de cette réunion, M. Arkab a affirmé dans son allocution, que l’adoption de la réunion précédente tenue à Niamey le 16 février dernier par le biais d’une déclaration tripartite, «a jeté les fondements d’une feuille de route visant, notamment, la constitution d’un groupe de travail dans l’objectif de lancer la mise à niveau d’une étude de faisabilité de ce projet». Pour le ministre, «cette voie témoigne de la volonté des trois parties concernées par le projet, de le réactiver». Cela tout en soulignant que ce «projet à caractère régional et international vise, en premier lieu, le développement socio-économique de nos pays».
Le ministre a relevé que «la relance du projet enregistré dans le cadre de la mise en œuvre du programme NEPAD intervient dans un contexte géopolitique et énergétique marqué par une forte demande sur le gaz et le pétrole, d’une part, et la stagnation de l’offre d’autre part, à cause de la réduction des investissements notamment en matière de prospection gazière et pétrolière depuis 2015». Selon M. Arkab, ce projet constitue également «une nouvelle source d’approvisionnement pour des marchés constamment sollicités, compte tenu de la place que le gaz naturel occupera dans le mix énergétique à l’avenir».
Enfin, il faut savoir que ce mega projet est de nature à renforcer l’axe Alger-Abudja, deux des plus importants pays d’Afrique et véritables pivots de la croissance dans le continent noir. L’apport du TSGP rayonnera sur l’ensemble des pays de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique du nord, et rendra l’Europe plus regardante sur son partenariat avec l’Afrique.
Anissa Mesdouf