mercredi , 25 novembre 2020

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Le Ramadhan, l’Aïd et l’économie

Nous sommes à une petite semaine de la fin du mois de Ramadhan et de l’Aïd El-Fitr. Et comme le mois de jeûne, les fêtes se passeront dans le confinement partiel. Les Algériens retiendront pour très longtemps encore, ce mois sacré de 2020. Personne ne voudra revivre pareille expérience. Cela est un fait. Le stress provoqué par le Covid-19 et qui a gâché la joie du jeûne, des veillées ramadanesques et de l’Aid El Fitr est toujours là. Aucune chance de retourner à une vie normale après le mois de mai. Au vu des chiffres de l’épidémie, il est fort probable que le mois de juin soit aussi dur à vivre. Et tout le monde appréhende déjà l’Aïd El Adha qui, soit dit en passant, pointe à l’horizon. Les familles algériennes qui consentent ces «sacrifices» financiers pour tous ces événements religieux, en sont à n’attacher aucune importance au coût. Ils rêveraient de célébrer la fête du mouton, comme la tradition l’exige. Mais le pourront-ils ? Rien n’est moins sûr en réalité. Ils n’ont pas le choix. Il n’est pas possible de faire autrement que d’espérer la fin de l’épidémie dans les toutes prochaines semaines. Non pas parce qu’ils adorent trop dépenser à chaque grande occasion, leur sentiment religieux et leur attachement aux traditions sont bien plus forts que le prix d’un mouton ou encore le kilogramme de poulet.
Il est cependant clair que le pouvoir d’achat occupe toujours les esprits. Les Algériens tendent une oreille attentive aux prochaines hausses de salaires et des pensions de retraites. Ils pestent bien entendu, contre certaines augmentations de taxes décidées dans la Loi des finances complémentaire. Cela relève de la nature même de toute société, avec cependant le stress, pour cette année, d’un avenir incertain, en raison des conséquences du confinement, dont on sait que les impactes sur l’économie seront difficiles à résorber.
Entre la crainte d’un avenir pas rose du tout et la déception d’un Ramadhan en demi-teinte, d’un Aïd El Fitr « saccagé », d’un Aïd El Adha visiblement compromis, les Algériens ont toutes les raisons de ne pas avoir le moral. Mais dans le même temps, ils savent qu’ils partagent ces « ennuis » avec toute la communauté des musulmans de la planète, et plus généralement avec toute l’humanité, pour ce qui concerne l’économie.
Mais disons-le franchement : Si pour la religion, il n’y a objectivement rien à faire que de tenir à sa foi, pour l’économie, il existe des alternatives autres que la déprime généralisée. Il se trouve cependant que ceux qui tiennent les rennes de l’économie, prédisent une catastrophe, pas pour eux et leurs familles, mais pour les travailleurs du monde.
Par Nabil.G