vendredi , 18 juin 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Entre sanctions du CIO et éloges de la FIFA…</span>:<br><span style='color:red;'>Le sport russe balloté en 2017</span>
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Entre sanctions du CIO et éloges de la FIFA…:
Le sport russe balloté en 2017

Tantôt encensée par la FIFA pour les «préparatifs remarquables» en vue de la Coupe du monde-2018 de football, tantôt sanctionnée par le CIO pour des affaires de dopage, la Russie du sport aura vécu une année 2017 mitigée, avec beaucoup de hauts et de bas.

Pays hôte du prochain Mondial (14 juin – 15 juillet), la Russie a achevé  «avec succès», de l’avis de la Fédération internationale de football  (FIFA), les préparatifs pour abriter cette prestigieuse compétition  planétaire. En juin dernier, en guise de répétition générale avant ce  Mondial, la Russie avait abrité, dans de bonnes conditions, la coupe des  Confédérations, en témoignent les félicitations de l’instance faîtière du  football mondial adressées aux organisateurs russes. Forts de cette expérience, les Russes veulent réussir également l’accueil  du prochain Mondial de football. Pour cela, ils n’ont pas lésiné sur les  moyens, consacrant un budget de 6,7 milliards dollars à l’organisation de  cette compétition. De nouveaux stades ont été construits et d’autres ont  été rénovés dans les 11 villes qui vont accueillir la compétition, à savoir  Saint-Pétersbourg, Sotchi, Kazan, Saransk, Kaliningrad, Volgograd,  Rostov-sur-le-Don, Nijni Novgorod, Ekaterinbourg et Samara. A l’instar des dix autres villes hôtes, la capitale Moscou, vitrine du  pays, a fait peau neuve. Un vaste programme de rénovation et  d’embellissement de l’espace public lancé en 2015, a été réalisé.  L’objectif étant d’embellir et d’organiser au mieux la vie publique dans  cette ville de 1.000 km² et de plus de 12 millions d’habitants.

Les sanctions du CIO tempèrent l’enthousiasme russe

L’enthousiasme russe d’abriter cette prestigieuse compétition de football  et d’accueillir, dans la foulée, un million de visiteurs étrangers, a été  relativement tempéré par le Comité international olympique (CIO) qui a  annoncé, à différentes périodes de l’année, une cascade de suspensions à  l’encontre des athlètes russes, pour «motif de dopage». Des accusations  démenties à maintes reprises par les autorités russes. Le 5 décembre dernier, le CIO a annoncé la suspension de l’équipe de  Russie des prochains jeux Olympiques d’hiver 2018 pour «dopage  institutionnalisé», indiquant toutefois que certains de ses sportifs  pourront prendre part aux épreuves organisées à PyeongChang (Corée du Sud)  du 9 au 25 février, sous drapeau olympique et strictes conditions.
Le CIO a également annoncé le bannissement à vie des JO du vice-Premier  ministre russe Vitali Moutko, longtemps en charge du secteur des sports. La  présidence russe a réagi, à plusieurs reprises, à la série de sanctions  pour dopage prononcées contre les athlètes russes, estimant que celles-ci  sont destinées à «alimenter la campagne antirusse actuellement en cours». Pour la diplomatie russe, la suspension de l’équipe de Russie des  prochains Olympiades d’hiver, «s’inscrit dans le plan B visant à isoler la  Russie, puisque toutes les tentatives précédentes ont échoué», avait  déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria  Zakharova. Selon la diplomate, «après le camouflet essuyé par ceux qui espéraient  voir les jeux Olympiques de Sotchi enregistrer un échec, le plan B, que  nous voyons maintenant, a alors été actionné (…) Les attaques sont menées  sur plusieurs fronts, c’est une offensive à grande échelle».
«Je crois que cela est dû au fait que la tentative d’isoler la Russie, ou  mieux encore +marcher sur la Russie+», se soit estompée. Les tentatives  d’isoler la Russie se sont effondrées, mais le désir, les efforts et les  opportunités existent toujours.» «Nous avons devant nous une image à grande échelle d’une campagne  agressive contre la Russie, menée tous azimuts (…) La même chose se passe  dans le sport, a déclaré la diplomate russe. Nous pouvons voir des  accusations non fondées et des décisions de priver les athlètes du droit de  prendre part à des compétitions. Etrangement, on applique la soi-disant  responsabilité collective aux athlètes russes. Tout cela constitue une  tentative de faire sortir la Russie du concert sportif mondial». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a fait savoir  que le problème du dopage «a existé depuis longtemps et de nombreux  athlètes de différents pays ont été suspendus.
Cependant, jamais auparavant  le CIO et d’autres responsables sportifs n’ont réagi de la sorte». Près d’un Russe sur deux estime que «des forces politiques étrangères»  sont responsables de la suspension de la Russie des jeux Olympiques d’hiver  2018 pour un présumé «dopage institutionnalisé», selon une étude récente de  l’institut de sondage public Vtsiom. Le 14 décembre dernier, lors de sa conférence de presse annuelle, le  président Vladimir Poutine avait estimé que «la situation autour des  sportifs russes se développait «à cause de la campagne électorale en  Russie», et que toute cette affaire coïncidait «avec les processus  politiques actuels» dans le pays. Il a affirmé en conclusion qu’il y voyait  «une motivation politique» puisque «dans d’autres pays, on découvre  également des cas de dopage, mais sans qu’il y ait autant de réactions».