lundi , 18 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Après le spectre de l’année blanche </span>:<br><span style='color:red;'>Le stress des examens commence</span>
© D.R

Après le spectre de l’année blanche :
Le stress des examens commence

Si pour les wilayas de Blida et Bejaia, il semble que les choses rentreront dans l’ordre dans la semaine, pour le reste des régions du pays, la reprise était quasi-instantanée, sachant que le nombre d’enseignants ayant suivi la grève, n’était pas aussi important.

Le ministère de l’Education nationale et le Cnapeste ont repris officiellement langue hier, sur de nouvelles bases, loin de toute pression de la part du syndicat. Comme promis par Mme Benghebrit, le dialogue a été rouvert après la cessation du débrayage qui a mis les lycées de deux wilayas du pays sous la menace d’une année blanche. Il faut dire que la fermeté de la ministre de l’Education nationale a payé, d’autant plus que les mesures de radiation prises à l’encontre des enseignants grévistes, étaient assorties d’une possibilité de recours que le ministère a fait miroiter au plus irréductibles parmi les grévistes.
La décision de l’arrêt du mouvement de débrayage annoncé mercredi dernier par le Conseil national du Cnapeste, passe aussi pour un signal aux grévistes de reprendre le chemin des établissements scolaires. Mais ce syndicat qui a agi en désespoirs de cause, n’était pas en mesure d’exiger quoi que ce soit à la tutelle. De fait, la position du ministère de l’Education n’a pas changé sur la question et le retour aux classes se fait désormais sur la base d’une décision individuelle, sans aucun lien, avec une quelconque organisation syndicale.
La victoire éclatante de la ministre Benghebrit, est censée lui donner de précieux atouts pour les négociations qui se sont engagées dès hier. Cependant, sur le terrain, le ministère de l’Education nationale avance des chiffres assez troublants, pour ce qui concerne les dépôts de demandes de recours. A Blida, la wilaya la plus touchée par la contestation, les statistiques valables jusqu’à samedi après-midi, font état d’un total de 154 enseignants grévistes sur les 580 enregistrés dans la wilaya qui ont repris leurs postes.
C’est dire que deux jours après la fin de la grève, la majorité des grévistes de Blida n’étaient pas encore en poste. «Sur les 580 enseignants grévistes qui ont été destinataires d’une notification de radiation par le contrôleur financier, 154 ont repris jusqu’à hier samedi le travail après avoir déposé une demande de réintégration», a déclaré l’inspecteur général au ministère de l’Education nationale, Nedjadi Messeguem.
Cela dit, les observateurs de la scène éducative rappellent qu’entre la décision de reprise du travail et aujourd’hui, il y a eu tout un week-end. Dans cette wilaya, on relève que le nombre d’enseignants étaient hier bien plus important, même si aucun chiffre récent ne vient confirmer un état de fait constaté de visu. En tout cas, du côté de la tutelle, on se veut rassurant, puisque M. Messeguem insiste sur le fait qu’«aucun enseignant gréviste ne sera radié, à condition de déposer une demande de réintégration». Mais comme le temps joue contre les élèves, le même responsable invite les enseignants à accomplir la démarche du recours «dans les plus brefs délais».
Si pour la wilaya de Blida, il semble que les choses rentreront dans l’ordre dans la semaine, pour le reste des régions du pays, la reprise était quasi-instantanée, sachant que le nombre d’enseignants ayant suivi la grève n’étaient pas aussi important, à l’exception de Bejaia où la ressemblance avec Blida est de rigueur, mais l’on y sent tout de même une volonté de sortir de cette crise le plus tôt possible.
Il faut dire, enfin, que cette énième grève qui a fait planer le risque d’année blanche, est celle de trop, tellement l’opinion nationale a affiché un net refus des méthodes du Cnapeste. En tout état de cause, le spectre de l’année blanche s’est dissipé, mais a été vite remplacé par le stress des examens de fin d’année. Comment les préparer, sans léser les lycéens qui n’ont pas eu cours près de quatre mois. C’est le nouveau chantier de Benghebrit.
Alger: Smaïl Daoudi

N’ayant pas introduit de recours

426 enseignants grévistes n’ont pas été réintégrés au niveau national

Seuls 426 enseignants sur un total de 19.000 enseignants grévistes au niveau national n’ont pas été réintégrés, car n’ayant pas introduit de recours pour la régularisation de leur situation, a affirmé dimanche à Alger, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit. «Sur un total de 19.000 enseignants grévistes au niveau national, seuls 426 enseignants n’ont pas encore rejoint leurs postes, car n’ayant pas introduit de recours individuel auprès de leurs établissements ou auprès des directions de l’Education, pour leur examen par la commission paritaire, en vue de leur réintégration», a indiqué Mme Benghabrit, dans une déclaration à la presse, en marge de sa visite aux travaux d’ateliers des inspecteurs de l’éducation. Après avoir affirmé que les enseignants concernés par les décisions de révocation ont été réintégrés dans leurs postes, la ministre a précisé que les cas de radiation, qui se trouve au niveau du contrôleur financier et qui concernent la wilaya de Blida, sont les seuls «à ce jour, qui n’ont pas été totalement régularisés». «Sur les 580 enseignants concernés par ces décisions, 154 seulement ont été réintégrés à ce jour, le reste n’ayant pas introduit de recours», a-t-elle expliqué, avant d’appeler les enseignants concernés à « introduire un recours dans les plus brefs délais». «La responsabilité est individuelle. Si l’enseignant concerné n’introduit pas de recours en son nom personnel, nous serons dans l’incapacité de régulariser sa situation et de le réintégrer dans son poste», a-t-elle estimé.