lundi , 28 septembre 2020

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Le stress permanent

Les pays producteurs de pétrole ont «hypocritement» misé sur la crise irano-américaine pour s’accorder un répit salutaire dans la guerre des prix. Seulement voilà, des vents contraires ont soufflé sur la planète pétrole et les cours qu’on pensaient en hausse, dégringolent et donnent des sueurs froides aux pays membres de l’Opep. Pourtant, à un moment, tout le monde croyait que les «amabilités» que s’échangeaient et s’échangent toujours, Américains et Iraniens, allaient booster les prix de l’or noir. Ce n’aurait pas été trop mal en soi. Les Algériens, à l’image de beaucoup d’autres sociétés, vivaient dans l’espoir de voir la fameuse barre des 96 dollars le baril atteinte, pour respirer un bon coup. Un tel niveau des cours renflouerait les caisses et partant, freinerait la courbe baissière des réserves de changes.
Sans le tour de passe-passe du président américain qui sanctionne l’Iran, sans vraiment la sanctionner, le pétrole était parti pour une cotation autour des cent dollars le baril. C’aurait été faire un cadeau inespéré à des pays qui ne sont pas forcément parmi les amis de Trump. Ce dernier, qu’on le veuille ou non, reconnaît ses amis qui se recrutent dans l’Union européenne. Une flambée des prix de l’or noir n’arrange pas les affaires d’une Europe encore engluée dans la crise.
Cela dit, la triste mine des cours n’empêche pas que ces pays franchement inquiets. Et pour cause, l’édifice financier européen chancelle et risque de s’effondrer à tout moment, avec une Italie plus acharnée que jamais. Certains plaident pour le retour aux anciennes devises et d’abandonner la monnaie unique. Si les experts financiers envisagent cette probabilité de manière froide, les patrons de la Banque centrale européenne la craignent par-dessus tout.
Cela, pour dire que chaque pays et chaque région de ce bas monde a ses propres soucis. Si les Etats pétroliers vivent un stress quasi-permanent en raison des inquiétudes que suscite le comportement du pétrole sur les bourses de Londres et de New York, les pays consommateurs de cette énergie vivent, eux aussi, dans la crainte de l’éclatement d’une organisation qu’ils ont mis des décennies à construire.
Les deux groupes de pays font fasse à un dénominateur commun, à savoir l’omniprésence du capital mondialisé et hyper financiarisé. Il y a dans cette équation un seul gagnant et ce sont les Etats-Unis d’Amérique. Lesquels sont gouvernés à coup de Twitt qui font et défont des stratégies multilatérales.
On pourrait estimer que le monde ira mieux sans Donald Trump, mais l’on sait pertinemment que tous les pays du monde ont une part de responsabilité dans les souffrances que vivent les petites gens au nord comme au sud. L’ennemi est unique. C’est la finance internationale. Au stade où en est l’humanité, personne n’a les moyens de lui tenir tête. C’est dire donc que le stress est et restera permanent dans la totalité de la planète.

Par Smaïl Daoudi