mercredi , 5 août 2020

Le stupide parcours d’un projet de parking à étages…

L’histoire de ce projet de parking à étages en voie de finition à Mdina Djdida illustre on ne peut mieux, les paradoxes et les improvisations de la démarche gestion de la croissance urbaine de la capitale de l’Ouest. Après des polémiques et de sombres tractations sur sa destination finale, ce parking de 5 étages sera finalement maintenu dans sa fonction initiale, et non pas, comme le souhaitaient bon nombre, reconverti en une espèce de «centre commercial» devant accueillir notamment les commerçants de vêtements d’occasion et autres marchands improvisés en quête de local. Le parking à étages qui a, certes, fait couler beaucoup d’encre, sera bientôt opérationnel. Sa gestion a été confiée à l’établissement public de wilaya EPIC Ermes Oran. Ce qui devrait rassurer les «mauvaises langues» qui pensaient il y a quelques temps que l’infrastructure allait passer entre les mains d’un opérateur privé, proche d’un ancien Wali aujourd’hui en prison. Ce projet de parking à étages initié il y plus d’une dizaine d’année à proximité du quartier marchand de Mdina Jdida, avait on s’en souvient, soulevé des controverses et des interrogations sur la pertinence et la fiabilité des études du projet, notamment en termes d’accès à cet espace urbain saturé en véhicules et en piétons. Après l’achèvement de la carcasse en béton, le projet allait rester longtemps à l’abandon, alimentant bien sûr les appétits et les convoitises des prédateurs à l’affût de la moindre opportunité. Selon un observateur avisé de la scène locale, l’ancien responsable local qui avait donné son accord pour la réalisation de ce parking à étages au cœur de Mdina Jdida, était loin de comprendre, ni de se rendre compte que ce choix d’investissement lui a été indirectement «imposé» par deux ou trois acteurs locaux en charge de l’urbanisme et de la construction. Des acteurs, tapis dans les rouages de l’administration mais qui, loin de s’inscrire dans une stratégie de rigueur et de compétence, ne fonctionnaient qu’au registre de l’allégeance au pouvoir et à l’argent. Car on se souvient que ce parking devait initialement faire l’objet d’une «mise en concession», certes par voie d’adjudication, à un «opérateur» privé parmi les plus «introduits» dans le système de gouvernance local. Mais il se trouve que les retards enregistrés dans la réalisation des travaux, les incertitudes soulevées par les spécialistes sur le rendement et le bon fonctionnement du projet, et surtout les «tensions» générées par la proposition de reconversion du parking en locaux commerciaux, ont fait reculer les candidats et les prétendants à la concession du Parking. Au final, les pouvoirs publics ne pouvaient que se rabattre sur l’une des entreprises de wilaya pour gérer l’infrastructure… Un palliatif permettant de camoufler les échecs et les scandaleux tâtonnements.
Par S.Benali