lundi , 28 septembre 2020

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Le temps des lâchetés et de la traîtrise

Un mois après les Emirats arabes unis, le Bahreïn a décidé de normaliser ses relations avec l’entité sioniste. Une décision qui n’a rien de surprenant puisque ce revirement était dans l’air depuis des mois déjà. Le Bahreïn, malgré l’opposition des Palestiniens, avait déjà accueilli, le 25 juin 2019 la conférence voulue par les Américains pour appuyer financièrement leur « deal du siècle » proposé comme sortie de crise et nouveau plan de paix au Moyen Orient. En réalité, il n’y a aucune surprise à ce qui vient de se passer. Le sultan de Manama avait choisi son camp depuis fort longtemps déjà.
Dans cette histoire de pantalonnade arabe, la cause palestinienne est le cadet des soucis des capitales soumises qui ont un objectif unique, sauver leurs trônes. En effet, pour le Bahreïn l’équation est des plus simples, et se résume à cet adage qui veut que l’ennemi de mon ennemi soit mon ami. En effet, la famille régnante au Bahreïn qui est de confession sunnite fait face depuis des années à une colère populaire soutenue incarnée par la majorité chiite, appuyée par l’Iran, ennemi commun d’Israël et de Manama.
En définitive, les pays du Golfe, sous protection des Américains depuis leur création, veulent ajouter un deuxième parapluie sécuritaire que leur garantit maintenant Israël. Une protection qui ne se limitera pas à faire face à l’Iran, mais contre tout autre danger y compris celui venant d’autres pays arabes. Israël avec sa malice et ses intrigues a réussi son coup de sape visant à consacrer les divisions au sein du Monde arabe, aidé en cela par une administration américaine totalement acquise aux thèses israéliennes.
La cause palestinienne et le plan de paix au Moyen Orient n’ont plus de place dans cette nouvelle stratégie qui se dessine dans cette région du monde. Bien au contraire, nous sommes à la veille d’une guerre totale qui mettra face à face de nombreuses forces militaires de la région où Américains et Israéliens tiendront toutes les cartes du jeu et pousseront vers ces guerres fratricides. Affaiblir les Arabes a toujours été une stratégie constante de l’état hébreu depuis qu’il a été greffé aux terres arabes en Palestine.
Les Palestiniens dépités et abandonnés par « les frères » arabes ont estimé que cet accord entre Bahreïn et Israël est « un coup de poignard dans le dos de la cause palestinienne et du peuple palestinien ».
Mais pour leur malheur, les Palestiniens doivent réaliser que désormais, ils auront leur dos planté de bien d’autres poignards de la traîtrise arabe. Une traîtrise érigée en pragmatisme en ces temps de lâcheté et de faiblesse.
Par Abdelmadjid Blidi