lundi , 12 avril 2021
<span style='text-decoration: underline;'>La reprise des vols intérieurs et Covid-19</span>:<br><span style='color:red;'>Le tourisme saharien grand bénéficiaire</span>

La reprise des vols intérieurs et Covid-19:
Le tourisme saharien grand bénéficiaire

Le soudain grand intérêt pour la destination saharienne en cette fin d’année a redonné de l’espoir aux professionnels du tourisme national, mais un espoir temporaire seulement. On verra ce qu’il en sera après la fin de la pandémie.

Frontières fermées, les touristes algériens n’ont d’autre choix que de se retourner vers des destinations nationales pour fêter le nouvel an 2021. Cela a été constaté depuis l’ouverture des dessertes aériennes nationales. Pour nombre d’observateurs, la Covid-19, seul motif à la fermeture des frontières liée à la reprise des vols intérieurs constitue une sérieuse chance de sauver de ce qui peut l’être d’une année touristique désastreuse au nord du pays et plutôt morne au sud, avant l’ouverture des vols intérieurs. Ce concours de circonstance permet aux agences de tourisme et de voyage de reprendre leurs activités, l’espace d’une quinzaine de jours, correspondants aux vacances scolaires, mais avec l’espoir d’étendre leur programmation jusqu’à février 2021.
Au ministère du Tourisme, on préfère voir dans ce concours de circonstances un nouveau départ pour le tourisme intérieur. Un vœu plutôt mal placé, puisqu’il ne repose sur aucune donne objective. Construire un espoir sur une pandémie n’est objectivement pas la meilleure attitude à avoir. Il reste qu’au niveau du même ministère, on estime que l’ouverture des vols intérieurs «permet aux agences de tourisme et de voyage de reprendre leurs activités en proposant des offres diverses et variées à des prix concurrentiels en prévision des vacances scolaires et de fin d’année». Le fait que ces vacances coïncident avec la saison touristique saharienne est une chance pour les opérateurs touristiques qui pourront ainsi «relancer leurs activités, même progressivement, après le coup d’arrêt imposé par l’épidémie de nouveau coronavirus et les pertes financières considérables qui en ont découlé», a estimé le directeur général du tourisme au ministère du Tourisme, Noureddine Nedri, dans un entretien rapporté par l’Aps.
De son côté, le directeur général de l’Office national algérien du tourisme (ONAT), Tahar Arezki, a relevé l’importance de l’ouverture des vols intérieurs, dans la relance de l’activité des opérateurs activant dans le tourisme local, notamment durant la saison du tourisme saharien. Lui-même opérateur de premier plan, l’ONAT propose des offres «diversifiées à des prix concurrentiels», dans la wilaya de Béchar, dans les régions de Taghit et de Béni Abbes.
A Air Algérie, il semble y avoir une prise de conscience sur l’intérêt de rendre les lignes intérieures plus fréquentables en direction du sud du pays. Aussi, une politique orientée sur des offres concurrentielles, jusqu’à 50 % de remise sur les prix des billets, est sérieusement envisagée.
Quant au Secrétaire général de la Fédération nationale des associations des agences de tourisme et de voyages (FNAT), Raouf Nouma, il a salué la réouverture des lignes intérieures et relevé néanmoins que «plusieurs agences se retrouvent actuellement incapables de reprendre leurs activités et offrir des prestations diversifiées, même après la reprise du trafic aérien, du fait des répercussions du coronavirus sur l’activité économique». Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le report des vacances de fin d’année n’est pas pour arranger les professionnels du tourisme. «Il n’est plus possible d’attirer les touristes habitués à prendre leurs congés en cette période de l’année», insiste M. Nouma.
Sur le terrain, la situation vécue par les professionnels est plus délicat que l’on croit. Mme Nacira Moumen, gérante d’une agence de tourisme et de voyages, confirme que l’activité des agences «a débuté seulement à 50%, car la plupart des prestataires manquent de moyens matériels nécessaires pour satisfaire les demandes de la clientèle». Elle retiendra que «la hausse des tarifs des dessertes notamment vers le sud a induit une offre pauvre en termes de destinations jusqu’à présent».
En fait, le soudain grand intérêt pour la destination saharienne en cette fin d’année a redonné de l’espoir aux professionnels du tourisme national, mais un espoir temporaire seulement. On verra ce qu’il en sera après la fin de la pandémie.
Nadera Belkacemi