mardi , 20 octobre 2020

L’éloge des apparences et de la médiocrité…

Il y a quelques jours, M. Henni Merouane, ancien DEC de la Commune d’Oran et ancien membre du Conseil national économique et social, évoquait dans un article de presse les failles et les faiblesses de l’organisation territoriale des grandes communes qui ne permettent pas de gérer efficacement la collectivité locale et de répondre aux attentes et préoccupations des citoyens résidents. Pour ce notable reconnu à Oran, le principal handicap de la politique de gestion de la grande ville est le grand déficit de participation et de réelle implication du citoyen résident à la gestion de sa ville. Et cela à travers un mouvement associatif de proximité, des comités de quartier, devant constituer, écrit-il, «une véritable force de consultation et de proposition». Il est vrai, en temps normal, que ces comités de quartiers ne sont là que pour revendiquer un cadre de vie meilleur pour eux et leurs enfants, et pour améliorer les conditions de fonctionnement de leur quartier en termes de maintenance urbaine, d’hygiène, de sécurité, et d’accès à des structures sociales, éducatives, sanitaires, ou sportives de proximité. Mais encore fait-il pour cela que ces comités de quartier, composante de base de la société civile, ne soient animés que par des bénévoles crédibles et sincères qui ne recherchent ni avantage, ni subvention, ni «notoriété», ni un quelconque statut servant des ambitions politiciennes et partisanes. M. Henni a bien raison de souligner aussi que cette participation citoyenne à la gestion de la ville , pour qu’elle soit performante et utile, implique pour les comités d’avoir en face d’eux des interlocuteurs responsables et crédibles, un gestionnaire compétent ouvert au dialogue et non pas « un scribouillard sans conscience professionnelle ou un élu qui a une conception peu orthodoxe de la mission dont il s’est accaparé dans des conditions qui laissent à désirer». Tout est dit. Et on ne peut donc qu’espérer un prochain véritable changement des mœurs, des pratiques et des mentalités qui gangrènent les sphères politiques, administratives, et même sociales, réduisant la démocratie participative à des agitations de façade qui cachent mal l’opportunisme et les convoitises de bon nombre d’acteurs connus sur l’arène locale. A Oran, même de grandes associations, dont une célèbre Fondation, de grands clubs de football, des antennes de partis politiques, des organisations de masse, n’ont pas échappé à l’échec et à la régression forgée les zizanies, les querelles de clans et parfois les dérives constatées en matière de gestion financière et de respect des lois et règlements… Et les rares associations ou comités de quartier voulant agir dans l’ordre, le respect des règles et la discrétion, finissent quand à eux par être ignorés, marginalisés et oubliés par un système attaché à l’éloge des apparences et de la médiocrité…
Par S.Benali