mercredi , 5 août 2020

Un Conseil des ministres axé sur la relance économique :
L’énergie, l’industrie et les mines comme leviers 

Le pays pouvait injecter immédiatement pour l’investissement et la relance économique l’équivalent de mille milliards de dinars auxquels s’ajoutent dix milliards de dollars disponibles qui viendront s’ajouter aux économies susceptibles d’être faites sur les dépenses inhérentes aux services et autre études.

Réuni, ce dimanche, pour statuer sur le plan de relance économique, le Conseil des ministres, présidé par le chef de l’Etat, a vu plusieurs ministres exposer leurs plans sectoriels de relance économique. L’exercice, très intéressant à plus d’un titre, a permis au Conseil des ministres d’apprécier la feuille de route du secteur de l’énergie. Le communiqué sanctionnant la réunion a mis en évidence «la stabilisation des réserves et les capacités de production d’hydrocarbures à court et moyen termes 2020/2024.»
Autre aspect essentiel de la relance économique, à savoir l’Industrie, le ministre du secteur «a exposé les priorités immédiates du secteur et les actions ayant un impact à moyen et long termes sur la politique industrielle», rapporte le communiqué de la présidence de la République. Le secteur des mines qui n’est pas en reste dans la stratégie de relance a, lui aussi, fait l’objet de l’ordre du jour de la réunion. Un plan d’action visant à permettre au secteur de contribuer substantiellement à la croissance nationale, a été développé par le ministre en charge du secteur minier national. A côté de ces trois communications, le Conseil des ministres a entendu une communication sur la relance et le développement du secteur de l’Industrie Pharmaceutique dont la gestion et le suivi ont été récemment confiés à un département ministériel autonome.
Sur l’énergie, le Président de la République a mis en évidence la situation de stagnation que traverse le secteur depuis des décennies. Il a donné «des instructions précises en faveur de
la relance des activités de prospection des réserves non exploitées à travers des études précises et documentées.» Le chef de l’Etat a estimé urgent de poursuivre les processus de raccordement locaux, notamment celles des exploitations agricoles pour renforcer la production et créer des emplois, le transfert de la réalisation de la ville de Hassi Messaoud au Ministère de l’Habitat, la remise de l’Institut Algérien des Pétroles (IAP) sous l’autorité du Ministère de l’enseignement supérieur.
En plus de ces directives destinées à améliorer la performance du secteur, le Président Tebboune a ordonné que soit réalisé un audit profond au niveau de la Sonatrach. Il s’agira d’évaluer son patrimoine, réduire le nombre de ses représentations à l’étranger, diminuer les postes de responsabilités, sans rapport avec la rentabilité de l’entreprise, passer d’une gestion qui date d’une époque révolue vers une comptabilité analytique saine.
Concernant le secteur de l’Industrie, le chef de l’Etat a mis en évidence l’échec du service public marchand qui ne représente, dit-il, que 20% du secteur industriel global du pays. Or, les 80% restant de l’Industrie nationale doit capter l’intérêt du gouvernement.
Partant de ce constat, M.Tebboune a ordonné la libération des cahiers des charges avant le 22 juillet prochain qui concernent le secteur de la construction automobile, la production d’électroménagers, la production de pièces détachées, l’importation de véhicules neufs et l’importation d’usines usagées. Le souci premier est de créer les conditions d’une dynamique forte en faveur de la relance de l’industrie nationale.
Le dossier relatif aux mines a amené le président de la République à exiger l’établissement de la carte géologique de tous les gisements exploitables en terres rares, en tungstène, en phosphates, en baryte et autres matériaux. Chose originale dans ce dossier, le chef de l’Etat a soutenu la proposition du ministre du secteur visant à entamer la confection des textes autorisant l’exploitation des gisements aurifères de Djanet et de Tamanrasset par les jeunes, pour la partie non exploitable industriellement et lancer un partenariat, pour les grands gisements.
La production de médicament, partie-prenante des investissements donc de la relance économique, a constitué un secteur fort dans le communiqué du Conseil des ministres. Sur le sujet, le chef de l’Etat a donné instruction pour que soit placées, avec effet immédiat, toutes les unités de production pharmaceutique et parapharmaceutique sous la tutelle du ministère de l’Industrie pharmaceutique, accélérer la mise en production des nouvelles unités dont le nombre est de 40. Ce secteur est d’autant plus dynamique que le ministre a annoncé une baisse de un milliard de dollars d’importation de médicaments pour 2021.
Pour financer cet ambitieux plan de relance économique qui nécessite d’importants investissements dans de nombreux domaines, le président de la République préconise de réduire le niveau des importations notamment les services et le transport maritime de marchandises pour préserver les réserves de changes, de récupérer l’argent disponible dans le marché informel et réintégrer ce dernier dans le circuit officiel, de récupérer également dans les réserves d’or du pays, les fonds gelés depuis des décennies au niveau des douanes et des saisies au niveau des ports et des aéroports, pour les intégrer aux réserves nationales. «Avec toutes ces mesures, l’Algérie devra économiser, à la fin de l’année en cours, près de vingt milliards de dollars», a annoncé le président Tebboune. Il a, en outre, noté avec satisfaction l’annonce faite par le ministre des Finances que le pays pouvait injecter immédiatement pour l’investissement et la relance économique l’équivalent de mille milliards de dinars auxquels s’ajoutent dix milliards de dollars disponibles qui viendront s’ajouter aux économies susceptibles d’être faites sur les dépenses inhérentes aux services et autre études. Cela viendra en appui aux mesures visant l’élimination de la surfacturation et la récupération de l’argent disponible dans le marché informel. La volonté politique existe et l’argent aussi. Il ne manquera qu’une lutte efficace contre la bureaucratie. Cela est une autre affaire…
Nadera Belkacemi