lundi , 17 mai 2021

L’enrichissement illicite grâce aux marchés publics

La semaine dernière le ministre de la Justice, Garde des sceaux Belkacem Zeghmati a encore une fois évoqué «le gaspillage et le détournement d’énormes sommes d’argent public en raison du mauvais usage des marchés publics». Le ministre a en effet indiqué que les marchés publics «sont la principale brèche par laquelle s’est propagée la corruption pour réaliser des intérêts personnels au détriment du pays». Pointant du doigt la «défaillance avérée des institutions publiques, surtout celle chargées du suivi et du contrôle» Belkacem Zeghmati, lors d’une rencontre consacrée à la problématique des marchés publics, a indiqué que «malgré quelques améliorations dans l’encadrement juridique de passation des marchés publics, il existe encore des failles et des faiblesses qui font que des sommes d’argent inestimables sont détourné». Commentant à leur façon ce sujet, beaucoup ne s’empêchaient pas de sourire, et abondent dans le même sens « sans être expert dans le domaine, n’importe quel profane sait que l’enrichissement illicite et la corruption a été institutionnalisée depuis longtemps dans les opérations de passation des marchés publics. Voire même des simples commandes pour l’achat de matériel divers, de fournitures, de denrées alimentaires, et autres produits nécessaires au fonctionnement d’une institution locale ou d’un grand organisme ». Et, après les ministères, c’est généralement la wilaya, les directions régionales des différents secteurs, les mairies, et les institutions locales qui sont visées et montrées du doigt par les citoyens anonymes. Beaucoup se demandent toujours pourquoi de simples travaux de revêtement d’une chaussée, d’étanchéité d’une école, de signalisation routière sur un nouveau grand boulevard, et de bien d’autres actions et opérations de maintenance du cadre urbain ne sont jamais, ou très rarement menées à bien, dans le respect des «règles de l’art» comme stipulé par le cahier des charges. Certes, le ministre a bien raison de dire que c’est les mécanismes de contrôle des marchés publics qui favorisent encore les tricheries et la corruption. En réalité c’est toute l’organisation du système de gestion, surtout au niveau local, qui ne répond plus aux règles élémentaires de transparence et de rigueur dans les procédures de dépenses des crédits publics couvertes ou non par un marché…
Par S.Benali