jeudi , 22 octobre 2020

Les aléas et le tâtonnement de la communication officielle

Le suivi des différents projets en cours de réalisation fait l’objet, presque chaque semaine, d’une réunion de coordination présidée par le wali d’Oran et regroupant les responsables locaux concernés. Des réunions, évoquées par le site web officiel de la Wilaya et par quelques journaux de la presse locale, mais qui restent le plus souvent marqués par l’indifférence ou «le manque d’intéressement» d’une grande majorité de l’opinion locale. Ce déficit de transparence, dans le détail des actions projetées et la situation précise des projets évoqués, a eu pour effet de banaliser cette forme de communication officielle qui demeure à l’image des vieilles pratiques obsolètes d’un système en panne d’efficacité et de professionnalisme. Comme si les citoyens n’avaient besoin de savoir seulement que «le Wali a tenu une réunion avec son staff ou qu’il s’est rendu à tel endroit, ou qu’il a reçu telle ou telle personnalité…». Pourquoi pas diront certains, habitués sans doute à applaudir sans conditions aux aléas d’une information officielle qui méprise l’analyse et l’explication de certains sujets. La semaine dernière, lors d’une réunion sur ce même objet, on a noté la présence de l’inspecteur général du Ministère de l’Intérieur aux côtés des autorités locales. Le Chef de Daïra d’Oran, le P/APC d’Oran, les Directeurs de l’exécutif, les élus locaux et même les Présidents des Annexes communales et les délégués communaux, assistaient à cette rencontre en apparence importante, voire décisive pour l’avenir immédiat des actions et des projets évoqués. Et comme toujours, selon le communiqué officiel publié sur son site, on apprend des sources en charge de la communication, que «Monsieur le Wali a donné des directives fermes pour l’accélération de la cadence des travaux et la levée de toutes les contraintes techniques et administratives qui empêchent la concrétisation desdits projets». Les Oranais, curieux visiteurs du site d’information de la Wilaya, pourront toujours attendre s’ils veulent savoir quels sont les projets et quelles sont ces contraintes techniques et administratives qui pénalisent l’avancement normal des travaux. Difficile de croire, dans ces conditions, à une mobilisation des citoyens autour des enjeux du développement local et encore moins à leur implication positive dans la gestion et le suivi des affaires locales. D’autant plus qu’il est aisé de se rendre compte des mille et une lacunes et insuffisances qui pénalisent au quotidien une majorité de projets et d’opérations engagées sur le terrain du développement et de la présumée amélioration du cadre de vie collectif. Ici et là, dans certains quartiers et grandes cités d’habitat, comme aux HLM/USTO, le pitoyable état des lieux ne cesse d’empirer depuis l’abandon, il y a plus de cinq mois du fameux chantier d’aménagement des routes, des trottoirs, des allées et des caves d’immeubles de la cité. Ici, les deux ou trois milliers de familles concernées, ne croient plus aux promesses et aux discours des autorités ou des élus, ni même à fiabilité ou la crédibilité d’un Etat, absent depuis des années. Jusqu’à quand ?

Par S.Benali