lundi , 17 mai 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Echec de la journée de grève générale</span>:<br><span style='color:red;'>Les Algériens disent non à l’intersyndicale</span>
© D.R

Echec de la journée de grève générale:
Les Algériens disent non à l’intersyndicale

L’échec de la journée de protestation, si elle n’apporte aucune donnée nouvelle à la scène politico-syndicale, elle confirme néanmoins, le peu d’intérêt qu’accordent les Algériens à des initiatives, visiblement en décalage avec la réalité du terrain.

Totalement masquée par une actualité syndicale plus «immédiate» par le Cnapeste et la Camra, la journée de protestions à laquelle avait appelé l’intersyndicale autonome, est passée par perte et profit pour ses animateurs qui ont préféré faire profil bas et éviter toute communication sur leur journée de grève qui n’a drainé quasiment-personne. Les échos des wilayas font état d’un suivi très timide, lorsqu’il y a suivi. Dans l’ensemble des établissements de la fonction publique, seuls ceux de l’Education et de la Santé, ont marqué un petit «frémissement». On signale ici et là une très légère hausse du taux de suivi des grèves déjà enclenchées depuis plusieurs jours. Ce qu’il faut comprendre par ce comportement, c’est un débrayage de soutien aux grévistes du Cnapeste et du Camra. Quelques collègues ont donc voulu montré leur solidarité symboliquement. Pour le reste des secteurs de la fonction publique, rien n’a changé. Dans l’ensemble des communes, Daïra et Wilayas du pays, les fonctionnaires n’ont pas observé la grève, laissant ainsi les animateurs des syndicats à leur «solitude». Le peu de suivi constaté dans quelques administrations, est principalement le fait des militants syndicalistes qui ont tenté des jours durant, de convaincre leurs collègues à marquer la journée d’hier par un arrêt de travail.
A l’exception des wilayas de Bejaia et Blida, où la grève du Cnapeste est très visible, il a été constaté quelques rassemblements, mais rien de bien «impressionnant». C’est dire que cette journée de protestation qui a fait l’objet d’un appel de 14 syndicats, et appuyée par une liste de revendications politico-syndicales, est un flop monumental montrant l’incapacité manifeste du mouvement syndical autonome d’agir transversalement. On aura donc constaté que même réuni dans une large intersyndicale, les syndicats autonomes n’ont pas la force de mobilisation à même d’agir sur la scène nationale.
De fait, le gouvernement qui peut aisément constater la faiblesse du mouvement syndical autonome, est conforté dans sa décision de maintenir l’UGTA comme seul partenaire social et représentant des travailleurs dans la tripartite. L’échec de la journée de protestation, si elle n’apporte aucune donnée nouvelle à la scène politico-syndicale, elle confirme néanmoins, le peu d’intérêt qu’accordent les Algériens à des initiatives, visiblement en décalage avec la réalité du terrain. Faut-il souligner, à ce propos, que l’appel aux Algériens pour dénoncer le «harcèlement» des syndicalistes et le droit à ses derniers à l’exercice n’a pas convaincu les fonctionnaires de la République. Ces derniers qui connaissent certainement bien leurs collègues des syndicats autonomes, savent de quoi il retourne réellement. Quant au volet social, à savoir, l’augmentation du niveau de vie des travailleurs, brandis par les mêmes syndicats pour «faire passer la pilule», les Algériens ne sont pas dupes. Ils savent qu’une augmentation généralisée des salaires ne vient pas aussi facilement. Il devient clair que les fonctionnaires du pays ont clairement signifié aux syndicalistes autonomes, leur intention de maintenir les choses en l’état, plutôt que de les mandater pour une mission dont ils ne connaissent pas vraiment les tenants et les aboutissants.
Les Algériens ont donc tourné le dos aux syndicats autonomes et fait le choix de faire confiance au gouvernement ou tout au moins, préféré la paix civile déjà acquise à une aventure syndicale susceptible de conduire à une situation périlleuse, tant au plan social que politique. Il est clair en effet, que la société a en tête la prochaine élection présidentielle et sait que les tentatives de déstabilisation politicienne commencent déjà. Vient-elle d’en déjouer une ? On le saura bien assez tôt.
Alger: Smaïl Daoudi