jeudi , 18 août 2022

Les amoureux de la ville et de son patrimoine

Question: En quoi la restauration de la maison natale d’Yves Saint Laurent à Oran et son aménagement en musée dédié à la mémoire du célèbre couturier français serait une action hautement bénéfique pour le prestige mémoriel, culturel et touristique de la ville d’Oran ? Depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux, les polémiques sur la question ne cessent d’animer le débat, soulevant parfois de lourdes interrogations sur les motivations des acteurs à l’origine de cette initiative. On sait que le couturier français né à Oran a quitté l’Algérie à l’âge de 18 ans pour ne plus jamais y remettre les pieds. En 1962, ses parents avaient vendu cette belle maison de maître sur l’ex-rue Stora à un médecin, devenu ensuite un éminent professeur en ORL, aujourd’hui décédé et très connu sur la scène oranaise. Les meubles, mobilier, table de dessin, piano et autres objets vendus avec la maison par la famille Saint Laurent ont été récupérés par l’épouse du professeur et ses enfants qui ont déménagé dans une villa à St Germain sur la corniche oranaise, après avoir revendu la bâtisse qui allait peu à peu se dégrader, victime de l’effritement du vieux bâti abandonné à Oran. Pourquoi, s’inetrrogent bon nombre, un mécéne algérien s’interresse-t-il à la restauration d’une maison natale d’un ancien «pied-noir» dont le fils, est devenu célébre couturier, Sans entrer dans des spéculations et des hypothèses non fondées, on doit admettre qu’une telle initiative, applaudie et soutenue sur le réseau twitter par un ministre français, pose un problème «d’opportunité» et de «cohérence», compte tenu des besoins et des urgences en matière de revalorisation du patrimoine historique et architectural de la Cité Oranaise. Le Palais du Bey, la Mosquée du Pacha, la Maison natale de Caida Halima, celle de Ahmed Zabana, et bien d’autres sites connus pour avoir vu naître ou héberger de grandes personnalités algériennes de l’Histoire, de la culture et des arts, mériteraient tout aussi bien d’être réhabilités et remis en valeur par des mécènes oranais amoureux de la ville et de son patrimoine.
Par S.Benali