jeudi , 29 octobre 2020

Les carences, et les dérives, dans la gestion de la croissance urbaine

Les habitants de la cité des 125 logements Soteba, située à Haï Akid Lotfi, ont eu recours à un quotidien de la presse nationale qui a bien voulu publier l’essentiel de leur «lettre de revendication» adressée au Wali d’Oran. Les résidents de cette cité demandent au responsable local de «mettre fin à l’anarchie qui règne dans leur zone urbaine». Mais en regardant de plus près leurs doléances, on se rend compte qu’il s’agit surtout d’empêcher l’affectation d’une parcelle située en face du CEM Zech Tayeb à un quelconque projet d’infrastructure et de la réserver à l’aménagement d’un «jardin végétal ornemental pouvant comporter des aires de repos, des plans d’eau, des circuits de promenade..». Pourquoi pas. Cette pétition des habitants de la cité mitoyenne à l’assiette foncière très convoitée est évidemment bien légitime. D’autant plus que depuis des années, les pouvoirs publics, ou pour être plus précis, les différents walis de passage, ont tous hésité à prendre une décision définitive face aux multiples propositions des services concernés et des élus locaux. On a parlé entre autres projets d’une piscine semi-olympique, puis une annexe au conservatoire municipal de musique Ahmed Wahbi, puis d’un centre culturel de proximité avec bibliothèque, mais aucun de ces projets n’a été retenu et n’a pu voir le jour. Car de leur côté, les résidents de la cité Sotéba, par le biais de certains de leurs «représentants» les plus engagés dans le combat pour la «non affectation» de l’assiette foncière, n’ont pas cessé de multiplier les recours et les pressions pour éviter toute construction «nuisible» au regard et porteuse de présumés «désagréments» aux habitants de la cité, en particulier aux habitants de l’immeuble faisant face au terrain en question. Sans remettre en cause ou nier la sincérité et le bien fondé des «arguments urbains» avancés par les uns et les autres, on ne peut cependant que déplorer le fait que ce débat ne soit pas installé dans le cadre d’un véritable dialogue entre les gouvernants locaux et les habitants de la cité, assimilés abusivement par le média en question à la «société civile oranaise». Il est vrai que la nouvelle zone urbaine désormais appelée «El Akid», du nom du glorieux Colonel Lotfi, recèle un bon nombre d’acteurs-militants en mesure de se servir des médias et des réseaux sociaux pour dénoncer une atteinte, réelle ou présumée, à leur cadre de vie collectif. En réalité, à Oran, c’est toute la politique de gestion architecturale et urbaine qui devrait être montrée du doigt et faire l’objet d’un débat et d’un diagnostic sérieux montrant les carences et les dérives observées ici et là. (A suivre)
Par S.Benali