mardi , 4 août 2020

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Les clés de la réussite

Repenser la fiscalité est le grand dossier auquel s’attaque le gouvernement Djerad. Il s’agit en fait de revoir de fond en comble la donne fiscale dans notre pays qui a été totalement tributaire depuis toujours de la seule fiscalité pétrolière. Une dépendance dangereuse qui risque à moyen terme d’hypothéquer complètement les ressources financières du pays.
Une fiscalité pétrolière sur laquelle le pays ne peut avoir une totale maîtrise car elle dépend de plusieurs facteurs qui ne peuvent être contrôlés par l’Algérie. Et c’est ce qu’a tenu à mettre en évidence le Premier ministre en déclarant que le pays ne peut plus aujourd’hui se permettre une telle dépendance, car en plus de beaucoup d’autres facteurs il faut ajouter
« l’instabilité de son prix qui reste dépendant des fluctuations du marché mondial et des facteurs externes que le pays ne peut maîtriser».
Une donne qui menace les équilibres financiers du pays et le rend vulnérable face aux nombreux défis qui l’attendent. Il faut donc trouver d’autres mécanismes de financement fiscal qui ne sont en réalité qu’une partie de la grande réforme de tout le système financier que tente de mettre en branle l’Algérie. Une réforme qui entre dans un cadre plus global qui est celui de la relance économique devenue plus que nécessaire et urgente pour mettre le pays à l’abri du marché volatile du pétrole et du gaz.
L’Algérie doit urgemment se débarrasser de sa totale dépendance des hydrocarbures et assurer une relance économique réelle, qui reste le meilleur moyen de création de richesses et d’indépendance économique du pays.
C’est tout un programme dans lequel s’imbrique plusieurs facteurs socio-économiques qu’il s’agit de mettre en branle simultanément pour concrétiser ce vieux rêve d’arriver enfin à couper ce cordon ombilical vis-à-vis du baril du pétrole qui, il faut bien se l’avouer, a grandement hypothéqué l’avenir de plusieurs générations, et menace encore davantage les générations à venir.
La nouvelle stratégie économique qui se base, comme l’a révélé Abdelaziz Djerad, sur la promotion des start-ups, et de la numérisation entre autres, a besoin de s’adosser sur un système financier efficace et juste qui constituera la clé de voûte pour toute la relance économique.
Le défi est peut être grand, mais il est à bout de mains, si tous les efforts et les bonnes volontés se conjuguent dans un seul et unique souci qui est celui de donner à l’Algérie les moyens de se hisser au niveau des pays émergents. Et notre pays en a parfaitement les moyens.

Par Abdelmadjid Blidi