mardi , 16 août 2022

Les conditions de la relance

Le président de la République a récemment annoncé qu’après le parachèvement de l’édification institutionnel à l’occasion des dernières élections locales, l’exécutif se consacrera aux réformes structurelles, dont la refonte du système économique pour l’orienter vers la diversification et lui donner un axe précis, celui de l’exportation. Une mission stratégique que les Algériens appellent de leur vœu depuis des années. On pourra ainsi enfin parler de relance effectif de l’économie du pays. Cette approche qui devra connaître une accélération dans les tous prochains mois, reposera sur un code des investissements, actuellement en confection, au niveau du ministère de l’Industrie. Sa promulgation après la nécessaire approbation parlementaire, permettre à l’Algérie de mettre le pied à l’étrier de l’émergence économique.
Jusque là, personne ne s’oppose à la démarche. Sauf que les managers de la nouvelle vision économique doivent savoir que le pays ne démarre pas de zéro. Un tissu industriel, avec ses grands groupes et ces centaines de milliers de PME et de TPE existe bel et bien Il s’agira de faire en sorte à préserver les acquis. C’est très important dans toute démarche réformatrice et à l plus forte raison, lorsque celle-ci est économique. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Aussi, faut-il imaginer et organiser de véritables états généraux de l’économie nationale. Pareil événement permettra aux décideurs de faire un diagnostic pris, les opérateurs économiques auront l’opportunité d’exposer les difficultés qu’ils rencontrent sur le terrain. Ensemble, gouvernement et communauté d’affaires, pourront mettre en place une stratégie de développement cohérente à même d’entrevoir une issue au statu quo économique qui semble freiner l’élan de l’Algérie. Les réformes structurelles passent par ce genre de rencontres.
Il est vrai que l’état des lieux peut être fait assez facilement à travers les chiffres révélés par l’ONS, où l’on constate la portion congrue qu’occupent les entreprises de production sur la scène économique nationale. Mais un diagnostic profond doit être très pointu pour donner à l’Algérie toutes les chances d’émerger sur la scène économique mondiale.
Cette perspective d’Etats généraux de l’économie nationale vient faire écho au salon exclusivement dédié à la sous-traitance, où l’on a vu les capacités supposées des opérateurs algériens à se placer sur la scène régionale. Les exposants ont dit pouvoir relever le défi et donner au pays des dizaines de milliers d’emplois et dégager une plus-value à l’exportation. Les Etats généraux serviront à écouter ces producteurs. Ce sont des acteurs importants qu’il ne faut pas ignorer…

Par Nabil.G