mercredi , 25 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>FORUM D’AFFAIRES ALGÉRO-ESPAGNOL</span>:<br><span style='color:red;'>Les deux pays réaffirment leur volonté de renforcer la coopération économique</span>

FORUM D’AFFAIRES ALGÉRO-ESPAGNOL:
Les deux pays réaffirment leur volonté de renforcer la coopération économique

La nécessité de développer davantage la coopération algéro-espagnole dans plusieurs domaines a été soulignée lors du Forum d’Affaires tenu jeudi dernier. Les travaux du Forum organisé à Alger à l’occasion de la visite du Président du Gouvernement espagnol, M. Pedro Sanchez, a constitué l’occasion pour les deux pays de réaffirmer l’impératif de renforcer et de consolider leurs relations économiques à travers l’exploration de davantage d’opportunités de partenariat dans divers domaines d’activité.

Le Premier ministre, M. Abdelaziz Djerad a indiqué à l’ouverture des travaux du Forum que les entreprises espagnoles pourront coordonner avec leurs homologues algériennes pour parvenir à de véritables opportunités de partenariat et d’investissement au niveau du marché algérien où elles trouveront toutes les conditions de croissance et de prospérité.
M. Djerad a cité les principaux secteurs que le programme d’action du Gouvernement vise à promouvoir, à savoir les hydrocarbures, les énergies renouvelables, les industries manufacturières, l’industrialisation, le tourisme et l’économie du savoir», sur lesquels il faut focaliser.
Le Premier ministre a indiqué que la Covid-19 a eu son impact sur les relations commerciales algéro-espagnoles, précisant que leurs économies disposent des capacités suffisantes pour y faire face, ce qui fait de cette crise une opportunité pour développer d’autres formes de coopération et de partenariats adaptées aux nouvelles exigences».
Pour sa part, le Président du Gouvernement espagnol a souligné que «le volume des investissements et échanges commerciaux entre les deux pays est certes important, mais ne reflète pas les potentialités des deux pays dans le domaine économique».
Et de mettre en avant les opportunités offertes aux deux pays d’approfondir et de renforcer la coopération économique à moyen et long termes, notamment dans les domaines de l’énergie, du numérique, de l’industrie agroalimentaire, de la défense, de l’environnement, de la technologie, de l’ingénierie et des bureaux d’études.
M. Sanchez est revenu, en outre, sur l’importance de la coopération et de la consolidation des partenariats dans les domaines de la santé, de la médecine et de la pharmacie, d’une grande importance notamment en cette conjoncture que traversent plusieurs pays du monde, en raison de la pandémie du nouveau coronavirus. Et d’ajouter: «L’Algérie est un pays sur lequel l’Espagne mise dans ses stratégies à moyen et long termes, de par sa place prépondérante dans la région du Maghreb et en Afrique».
L’Algérie est «un partenaire stratégique extrêmement important pour l’Espagne et l’Europe», a-t-il affirmé, soulignant l’attachement des autorités espagnoles à approfondir «les relations privilégiées» qui lient les deux pays. Dans une déclaration à la presse au terme de l’audience que lui a accordée le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, M. Sanchez a déclaré «je remercie le Président Tebboune de m’avoir reçu, en dépit des restrictions qu’impose la pandémie de Covid-19», précisant que «cette rencontre constitue une occasion qui permet l’approfondissement de la coopération commune face à cette pandémie».

Algérie-Espagne : Un partenariat stratégique

L’Algérie est «un partenaire stratégique extrêmement important pour l’Espagne et l’Europe « et «nous veillons à approfondir ces relations privilégiées qui lient nos deux pays», a-t-il ajouté.
Il a indiqué que l’Algérie «joue un rôle extrêmement important pour ce qui est de la stabilité de la région, particulièrement dans la région du Maghreb et au Sahel et nous veillerons à renforcer la coopération dans ce cadre».
Concernant les crises dans la région et plus précisément en Libye et au Sahel, le Gouvernement espagnol a relevé que l’Algérie «a réitéré son engagement à trouver un règlement à ces crises et à trouver des solutions aux crises gelées depuis plusieurs années et dont les effets retombent sur les peuples de la région».
Ayant pris aux travaux du Forum, le ministre délégué chargé du commerce extérieur, Aissa Bekkaï a qualifié cette rencontre de «très importante» pas seulement du fait que l’Espagne constitue le 5ème fournisseur et le 3ème client de l’Algérie (selon les statistiques des neuf premiers mois de 2020) mais aussi du fait de la mutation économique à laquelle aspire l’Algérie et qui exige davantage d’investissements. M. Bekkaï a rappelé les spécificités des relations économiques entre les deux pays de par la proximité géographique et du Traité d’amitié, de bon voisinage et coopération économique qui les associe. Dans des déclarations à la presse en marge du forum, le ministre de la l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham a indiqué que le climat des affaires a enregistré, ces derniers mois, des changements sur le plan législatif visant à lever les obstacles sur l’investissement étranger, notamment à travers la libéralisation des initiatives et l’annulation de l’obligation d’établir des partenariats avec une partie locale, à l’exception de certaines filières stratégiques. L’Algérie s’attend, en contrepartie, à des investissements «sérieux» qui s’inscrivent dans le cadre de la politique nationale visant à augmenter les niveaux d’intégration industrielle locale dans les différentes filières industrielles, selon le ministre. Au moment où l’Algérie représente un marché voisin de l’Espagne à rendement élevé, l’Espagne peut de son côté être une destination pour les marchandises algériennes hors hydrocarbures, ajoute M. Aït Ali Braham. Pour sa part, la Secrétaire d’Etat espagnol au Commerce, Xiana Méndez Bértolo a estimé que l’Algérie constituait un partenaire «stratégique» et irremplaçable pour son pays, indiquant que le chiffre des échanges bilatéraux dénote l’importance des relations économiques devant être, justement, améliorées en faveur d’une relation durable entre les deux parties. Mme. Méndez Bértolo a également mis en valeur les efforts déployés par le gouvernement algérien en vue d’éradiquer la bureaucratie et faciliter les procédures d’investissement et de commerce, et ce, «en dépit des charges qui pourraient en découler», affirmant que la levée de la règle du 49/51% régissant les investissements étrangers en Algérie contribuerait à faire avancer le rythme des affaires et des investissements espagnols dans ce pays. En parallèle, «le gouvernement espagnol accompagne les entreprises nationales dans leur activité vers l’international notamment en Algérie où la diversité est considérée comme étant un enjeu majeur que suit l’Espagne minutieusement», a-t-elle souligné. L’Algérie est vue comme «un marché prometteur», a estimé la Secrétaire d’Etat au Commerce, et l’idée de la considérer comme une porte d’accès vers l’Afrique est «très intéressante» aux yeux des Espagnols notamment après l’entrée en vigueur de la ZLECAF. A noter que le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne a atteint environ 7 milliards Usd en 2019, dont 3 milliards Usd d’exportations algériennes, principalement les hydrocarbures.

Les opérateurs algériens et espagnols aspirent à un saut qualitatif dans les relations économiques

Les opérateurs économiques algériens et espagnols participants au Forum d’affaires algéro-espagnol ont fait part de leur volonté d’amorcer un saut qualitatif dans les relations commerciales et d’investissements entre les deux pays, soulignant les riches opportunités de partenariat, en dépit des difficultés imposées par la pandémie coronavirus.
A ce propos, le président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), Abdelwahab Ziani a affirmé que l’Algérie, s’offrant comme la porte de l’Afrique, constituerait «le meilleur partenaire» pour l’Espagne. Le secteur des hydrocarbures est considéré jusqu’à présent l’épine dorsale de la coopération économique entre les deux parties, a-t-il rappelé, assurant que cette coopération devrait être désormais durable et basée sur une vision à long terme, à travers la mise en place de projets de partenariat en matière d’industrialisation et de développement local des activités de production.
Pour sa part, le président du Club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja (CEIMI), Kamel Moula a mis l’accent sur l’importance d’aller au-delà du volet commercial dans la relation économique entre les deux parties, en ce sens qu’«il ne faudrait pas considérer l’Algérie comme un simple marché de consommation mais un véritable partenaire et travailler dans le cadre d’une coopération mutuellement bénéfique». Présent également au forum, le président de la Confédération algérienne du patronat-citoyen (CAPC), Mohamed Sami Agli a mis l’accent sur l’importance de la stabilité qui règne en Algérie et les incitations récemment intégrées dans le cadre réglementaire, car étant autant de facteurs attirants aux yeux des investisseurs espagnols. Dans ce sens, il a plaidé pour la relance du Conseil d’affaires algéro-espagnol, créé en 2018 et susceptible de rapprocher les opérateurs de leur pays et de les booster vers la réalisation des projets sur le terrain.
Intervenant aux travaux du forum, le président de l’Union nationale des entrepreneurs publics (UNEP), Lakhdar Rekhroukh a fait part du climat approprié et des conditions nécessaires à la relance du secteur du bâtiment et des travaux publics offerts en Algérie, invitant les entreprises espagnoles à y prendre part à travers des investissements en termes de matériaux de construction ou encore de projets d’infrastructure et d’habitat. Les investisseurs pourront également tirer profit des nombreuses opportunités de travail offertes sur le marché national, notamment dans le domaine de l’énergie solaire et de l’agriculture pour lesquels les Espagnols possèdent l’expérience requise, a-t-il souligné.
Les Présidents Directeurs Généraux (Pd-g) et représentants des grandes entreprises économiques en Algérie relevant des secteurs public et privé, ont présenté des exposés sur leurs activités et projets programmés, ainsi que sur les opportunités de partenariat possibles avec l’Espagne. Il s’agit des responsables du Groupe des industries métallurgiques et sidérurgiques Algérie (IMETAL), le Groupe Elec El Djazair, le Groupe Agro-Industriel AGRODIV et le Groupe en cimenterie et en matériaux de construction «les Frères Souakri».
Pour sa part, le Président de la Confédération espagnole des entreprises (CEOE), Antonio Garamendi s’est félicité des discours tenus par les deux Gouvernements, qualifiant le forum d’importante opportunité, notamment au vu de la conjoncture actuelle de l’économie dans différents pays du monde.
Estimant que la coopération entre les entreprises espagnoles et algériennes est en mesure de jouer un rôle important dans la reprise économique des deux pays, le président de la CEOE a appelé à intensifier les efforts pour diversifier les projets d’investissement en Algérie dont le volume s’est élevé, en 2018, à plus de 318 millions d’euros.
Le représentant de la société espagnole énergétique Repsol, Javier Abejon Arrate, a réitéré l’engagement de sa société à poursuivre le développement du partenariat énergétique en Algérie, rappelant sa «forte» présence dans le pays, notamment à travers cinq champs en partenariat avec la Sonatrach. Dans le secteur des Finances, les deux représentants des banques «Banco de Sabadell» et «CaixaBank», ont assuré de l’intérêt que portent leurs banques respectives à opérer en Algérie qui représente un marché très prometteur, ont-ils ajouté.
A noter qu’une cinquantaine d’entreprises et d’organisations patronales des deux pays avaient pris part aux travaux de ce Forum. Les participants ont fait part de leur volonté d’amorcer un saut qualitatif en matière de relations commerciales et d’investissements entre les deux pays, dénombrant les opportunités de partenariat, très fortes, en dépit des difficultés imposées par la pandémie coronavirus.
A rappeler que plus de 550 sociétés mixtes algéro-espagnoles opèrent en Algérie, d’après les chiffres fournies par l’attaché commercial de l’ambassade d’Espagne en Algérie, Victoria Laso de la Vega. En 2019, le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne s’est élevé à près de 7 milliards USD, dont 3 mds USD d’exportations algériennes constituées essentiellement des hydrocarbures.
Synthèse Samir Hamiche