dimanche , 14 août 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Si Oran m’était contée</span>:<br><span style='color:red;'>Les dynasties musulmanes à la conquête d’Oran</span>

Si Oran m’était contée:
Les dynasties musulmanes à la conquête d’Oran

Oran a été fondée en 902-903 (290 de l’Hégire) par Mohamed Abi Aoun et Mohamed Ben Abdoun, des marins andalous au service des Omeyades de Cordoue, d’El-Andalous. La cité va vivre d’intenses périodes de conquêtes et de liberté, de prospérité, mais aussi des époques malheureuses. Les historiens rapportent qu’elle fut parmi les six premières villes fondées en Occident musulman.

Déjà, en 972, Bologhine, fils de Ziri Ben Menad défie les deux frères Yala Ben Mohamed et El-Kheir II. Au cours d’une bataille, ce dernier fut tué. Les Maghraoua sont alors refoulés jusque dans les zones du Sud marocain. El- Foutouh abandonna la ville d’Oran et le nouveau gouverneur, Abou El-Bahar, frère de Bologhine fut installé en 984. Au cours de cette année, Bologhine meurt et c’est son fils El-Mansour, qui lui succède. Après avoir fomenté des troubles, Abou El-Bahar se soumet à l’autorité d’El-Mansour d’El-Andalus, en l’an 988 (Après J.C). Les Maghraoua qui s’étaient réfugiés à Fès reprennent le Maghreb Central en 991. Ils sont dirigés par un nouveau chef, Ziri Ben Atya qui scelle son allégeance au calife omeyyade de l’Espagne musulmane. Il s’installe à Oran ainsi qu’à Oujda, qu’il fonde en 994, des membres de sa famille comme gouverneurs.
Ziri Ben Atya se révolte contre le vizir El-Mansour, qui a déposé le calife omeyade Hakem II, et proclame son indépendance. D’Andalousie, El -Mansour envoie une armée qui va combattre les troupes de Ziri Ben Atya. Ce dernier est mis en échec à Tanger. Le général Ouadah, qui conduit l’armée ommeyade, installe à Oran, Kherzou Ben Mohamed en qualité de gouverneur. C’est un Adjaza qui avait fui la répression de Yala l’Ifrinide, 44 ans auparavant.
En l’an 1000, Ziri Ben Atya, qui a reconstitué une armée, revient en guerre pour reconquérir toute la région. Il demande alors l’investiture des Fatimides. Cinq années après Ziri Ben Atya meurt et son fils, Mouezz, lui succède et perpétue cette alliance avec Kairouan. Les Adjazas reprennent Oran, mais pour quelques mois seulement et quand Moezz reprend la ville c’est pour s’inféoder, cette fois aux Omeyade d’El-Andalus. La ville d’Oran est alors gouvernée par les descendants d’Ibn- Khazer qui établissent le siège de leur résidence à Tlemcen. S’ouvre alors à Oran une longue période de paix. C’est en 1020 que survient la mort, à Cordoue, du savant Abou El-Kacem Abderrahamane Ben Abdallah Ben Khaled El-Hamdani, originaire d’Oran. En 1037, un autre savant oranais, Abou Mohamed Ben Younes Ben Talha Ben Amroun s’embarque pour l’Andalousie et s’installera à Séville.

ALMORAVIDES_ALMOHADES – HAFSIDES DE TUNIS – MERINIDES DU MAROC

La conquête almoravide a débuté en 1081. D’ailleurs, les almoravides (Al-Mourabitoun) sont apparus au milieu de ce 11ème siècle pour se fixer d’abord au Maroc puis dans le Maghreb central. Le fondateur de cette dynastie est le célèbre Youcef Ibn Tachfine. En 1106, il meurt et laisse le trône à son fils Ali qui régnera durant 37 ans. En 1143, Tachfine succède à son père Ali. Les Almohades, qui commençaient à prendre de l’importance au début du 12ème siècle sous Ibn Toumert, s’emparent d’Oran (1145-1238) sous la conduite d’Abdelmoumen. A cette période, Oran traverse une existence prospère grâce à son port commercial. Tous les ports méditerranéens, comme Valence, Marseille, Venise, Gênes y avaient leurs fondouks, et leurs loges consulaires. En 1347, le sultan mérinide, Abou El-Hassan, l’occupa et fit construire un système de défense avec deux ouvrages militaires : Bordj El-Ahmar (Château-Neuf) à Oran et Bordj El-Marsa, à Mers El-Kébir. Plus tard, les Chevaliers de Malte aménagèrent trois donjons.

ORAN : GRAND PORT DU MAGHREB SOUS LES ZIANIDES (1350 – 1509)

Les descriptions faites sur Oran par d’illustres géographes et voyageurs sont remarquablement élogieuses. La cité est une ville prospère grâce à son port et son commerce florissant. Il était connu par les capitaines de navires qui sillonnaient les mers et les océans. Les cartographes de Venise, Gênes Pise, de la Catalogne ou de Marseille mentionnaient l’emplacement de la baie d’Oran, sous le nom de « Oram ». Le nom exact de la ville sera mentionné pour la première fois en 1384.

LE SAVANT THEOLOGIEN SIDI EL-HOUARI A ORAN

La ville d’Oran a été toujours une terre d’accueil pour les voyageurs, célèbres géographes, historiens et aussi un important centre du soufisme maghrébin. Mais parmi les mystiques, les poètes, les savants et les saints hommes, c’est incontestablement Sidi Mohamed Ben Omar El-Houari (1350 – 1439) qui sera le Saint Patron de la ville. Né dans la région voisine de Mostaganem, Sidi El-Houari a choisi Oran pour s’installer alors qu’il a parcouru de lointaines contrées, comme Fez, Tunis, la Mecque, Jerusalem. Il exposa ses idées dans un ouvrage intitulé « Essehou oua Etenbih » (l’oubli et l’avertissement). Il étudia à Béjaïa, enseigna à Fès et entrepris le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam. Il effectua de longs séjours au Caire et Jérusalem. A Oran, il enseigna dans sa médersa la jurisprudence, la littérature, la tradition et l’exégèse. Dans sa zaouia, de nombreux étudiants et disciples, venus des régions du Maghreb et d’Afrique y trouvaient gite et couvert. Protecteurs des pauvres et pourfendeur des oppresseurs, il acquit le titre de justicier et devint « wali d’Oran ». Cette ville devint l’école par excellence du soufisme et attira beaucoup d’intellectuels, poètes, historiens et chroniqueurs ainsi que d’autres savants. La population lui vouait un immense respect légendaire et sera considéré comme un souverain. Il meurt à l’âge de 89 ans en septembre 1439. Contrairement à ce que l’on croit, la Qoubba et la mosquée attenante ont été construites par les descendants de Sidi El-Houari, Hadj Hadji et Hammou Bou Yzar. La Qoubba contient le tombeau du Muphti d’Oran, Si Hassan Boulahbal, décédé en 1947.
La succession sera confiée à son disciple préféré : Brahim Tazi très écouté et obéi. On lui doit l’installation des réservoirs et la création des premiers réseaux de captage des sources et d’adduction en eau douce dans la cité. Il meurt à Oran en 1462. De nos jours, la légende prête à Sidi El-Houari la malédiction de la ville et de ses habitants. Selon la légende, il cria dans un excès de colère l’occupation de la ville par des étrangers pour une longue période. Prés de 70 après la mort de cet illustre imam, en 1509, Oran tombe entre les mains des Espagnols. Ils ne partiront qu’en 1792.