vendredi , 18 juin 2021

Les échecs du vieux système de gouvernance

Une douzaine de mandataires exerçant au niveau du marché de gros des fruits et légumes d’El Kerma ainsi que 16 marchands au détail, ont été récemment verbalisés par les brigades de contrôle de la direction du Commerce de la wilaya d’Oran. Le chef du service concerné, cité par un journal local, a précisé que «huit mandataires ont été verbalisés pour défaut d’affichage des prix, quatre pour défaut de facturation et un pour défaut de registre du commerce». Le même responsable aurait indiqué que cette opération de contrôle, durant le mois de Ramadan, «revêt un caractère dissuasif devant avoir un impact sur les prix». Il a été également indiqué que le montant de l’amende infligée aux mandataires tricheurs ou fraudeurs est estimé à 80.000 DA. Lors de cette opération de contrôle, les inspecteurs de la direction du Commerce auraient saisi une certaine quantité de pommes de terre et dressé 15 contraventions à l’encontre de marchands au détail de fruits et légumes pour défaut d’affichage des prix. Et, cerise sur le gâteau, le service de contrôle de la direction du commerce précise qu’un (01) marchand a été verbalisé pour exercice d’activité sans registre de commerce. Un seul marchand illicite découvert et sanctionné sur plus d’une centaine qui auraient été contrôlés durant cette «opération coup de poing» annoncée par les services de contrôle de la Direction locale du Commerce. Sans vouloir douter ou remettre en cause la crédibilité de l’action engagée, on ne peut que s’interroger sur l’impact réel de ces opérations de contrôle couvrant, il faut l’admettre, quelques espaces bien réduits, ne reflétant nullement l’ampleur de l’anarchie qui règne à travers les marchés et les nombreux points de vente regroupant des dizaines de marchands sans registre de commerce ni autorisation communale. Sans parler de ceux qui disposent officiellement d’un emplacement dans un marché couvert, mais qui ont abandonné et déserté leur étal pour s’installer eux aussi sur le trottoir ou la rue afin de faire la concurrence à des «sans papiers». En apprenant qu’un seul marchand de fruits et légumes sans registre de commerce a été verbalisé lors d’un contrôle, les mauvaises langues locales ne peuvent s’empêcher de sourire, et de dénoncer le grand déficit en moyens humains devant permettre aux services concernés de couvrir toutes les zones commerciales de toutes natures confondues. Une utopie, qui s’inscrit elle aussi au registre des échecs d’un système de gouvernance devant être revu et corrigé…
Par S.Benali