mercredi , 25 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Rigueur budgétaire, partenariat public-privé, loi sur les hydrocarbures</span>:<br><span style='color:red;'>Les explications du président Bouteflika</span>
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Rigueur budgétaire, partenariat public-privé, loi sur les hydrocarbures:
Les explications du président Bouteflika

Dans l’entretien accordé à Oxford Bisness Group, le président de la République a estimé, entre autre, que l’attachement au caractère social de l’Etat n’empêchait pas l’émergence d’un nouveau modèle économique de croissance qui «exige de profondes transformations structurelles», l’objectif étant de parvenir à garantir une croissance économique accélérée, doublée d’une équité sociale, loin de la rente pétrolière.

La rigueur budgétaire, la révision de la loi sur les hydrocarbures, le partenariat public-privé et d’autres sujets d’actualité, ont été abordés par le président de la République dans un entretien qu’il a accordé à Oxford Business Group (OGB) publié dans le rapport 2017 sur l’Algérie, rendu public hier. Sur toutes ces questions, le chef de l’Etat a démontré la pertinence de la position des pouvoirs publics qui a permis au pays de maintenir la tête hors de l’eau, malgré la crise financière qu’il traverse depuis la chute des prix du pétrole.
Les effets du contre-choc pétrolier, il en a été question dans l’interview et le président Bouteflika a mis en exergue l’effort de rationalisation des dépenses qui caractérise les trois dernières lois des finances. «Nous avons, bien sûr, pris la mesure de cette situation de crise de nos finances publiques et de nos ressources externes (…) et de manière plus générale, des limites structurelles du modèle économique suivi», a-t-il indiqué, expliquant que l’objectif premier du gouvernement participait d’une volonté de sauvegarder «nos principes dans la conduite du développement économique et social, en particulier la préservation de notre autonomie de décision et de nos équilibres sociaux». Un impératif stratégique pour l’Etat algérien qui a eu, faut-il le rappeler, souverainement recours au financement non-conventionnel. L’important pour le chef de l’Etat et c’est là un aspect quasi-sacré de l’action du gouvernement, de ne jamais sacrifier, «les principes de justice sociale et de solidarité nationale qui ont toujours guidé notre action, et ne se font pas au détriment du parachèvement du programme d’équipement public».
Cet aspect clarifié, le président de la République a estimé dans ses réponses que l’attachement au caractère social de l’Etat n’empêchait pas l’émergence d’un nouveau modèle économique de croissance qui «exige de profondes transformations structurelles», l’objectif étant de parvenir à garantir une croissance économique accélérée, doublée d’une équité sociale, loin de la rente pétrolière. Cela passe, note le président Bouteflika par une progression «à un rythme de 6,5% en moyenne par an, une élévation sensible du PIB par habitant, le doublement à 10% de la part de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée globale, une transition énergétique permettant de réduire sensiblement le taux de la consommation interne de l’énergie en consommant moins et mieux, et une diversification des exportations permettant de soutenir le financement de la croissance».
Cet objectif ne saurait être atteint, sans l’impulsion dès cette année de l’ensemble des secteurs de l’économie, à travers la proportion partenariat public-privé. A ce propos, Abdelaziz Bouteflika a affiché la couleur, considérant que le secteur privé «a toujours trouvé sa place» dans l’économie du pays. Pour le président, l’économie de marché «est impensable sans une présence forte et active du secteur privé».
Cela étant dit, le président de la République a clairement tranché sur le débat qui a animé la scène nationale concernant le PPP. Il dira que c’est là une formule qui a ses avantages. «De manière générale, nous encourageons toute démarche de partenariat et de collaboration entre les entreprises publiques et les entreprises privées, nationales et étrangères, pour la réalisation de projets d’infrastructure ou de projets productifs dans tous les secteurs d’activités». Le chef de l’Etat n’en exclut aucun, puisqu’il est question de promouvoir ce partenariat dans l’industrie, l’agriculture, les grandes infrastructures ou dans l’énergie et les mines. Pour réussir ce pari, le chef de l’Etat préconise la révision en cours de la loi sur les hydrocarbures. Cet amendement «contribuera davantage à l’amélioration des conditions d’attractivité des investissements étrangers dans ce secteur».
En effet, a-t-il relevé, «l’apport financier et technique des entreprises étrangères dans l’amont pétrolier, permettra de développer et de valoriser nos potentialités énergétiques pour sécuriser à long terme la demande interne et assurer nos engagements internationaux de livraison de gaz et de pétrole, en association avec l’entreprise publique Sonatrach».
Cet interview apporte donc les réponses aux questionnements que se poseraient les partenaires de l’Algérie et met un terme à une polémique qui suggérait une dissension au sommet sur les grandes orientations économiques futures du pays.
Alger: Smaïl Daoudi